Unilever veut laver plus blanc

Le 02 septembre 2020 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Du CO2 dont on fait du bicarbonate.
Du CO2 dont on fait du bicarbonate.
Unilever

Une multinationale peut-elle alléger son empreinte carbone, en 10 ans, sans sombrer dans le greenwashing ? Vaste question à laquelle va tenter de répondre Unilever.

Le géant anglo-néerlandais des détergents a annoncé, mardi 1er septembre, vouloir cesser d’utiliser des molécules d’origine pétrochimique dans la fabrication de ses lessives (Omo, Persil), crèmes dégraissantes (Cif) ou déboucheurs (Domestos) d’ici à 2030.

Durant cette décennie, l’entreprise va investir 1 milliard de dollars (millions d’euros) pour développer et surtout industrialiser de nouvelles formulations, à base végétales, chimiques ou de biotechnologies.  

Du fait de la grande diversité de ses gammes et formulations, de nombreuses pistes de recherche sont ouvertes. Pour remplacer les molécules d’origine pétrolière, la division dirigée par Peter ter Kulve prévoit, par exemple, d’utiliser certaines bactéries pathogènes (Pseudomonas aeruginosa) pour produire des rhamnolipides, un bio-tensioactif réputé biodégradable.

captage et réutilisation du CO2

Cette biotechnologie, indique Unilever, est déjà expérimentée dans certains de ses produits distribués au Chili et au Vietnam. Dans le port indien de Tuticorin, l’usine Unilever capte, via un procédé local, le dioxyde de carbone de ses cheminées pour le transformer en bicarbonate de soude, excellent anti-calcaire pour nos lave-linge.

Les plastiques usagés pourraient être mis à contribution. Unilever estime possible d’utiliser certains résidus d’emballages en plastique pour fabriquer des tensio-actifs.

Si le groupe atteint ses objectifs, il pourra non seulement se vanter de contribuer à réduire nos pollutions domestiques de l’eau, mais aussi à alléger de 20% le bilan carbone de ses productions.