Une entreprise de Châtellerault recycle les masques à usage unique

Le 26 août 2020 par Stéphanie Senet
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50.000 masques ont été transformés depuis fin juin
50.000 masques ont été transformés depuis fin juin

Spécialisée dans la transformation des textiles usagés en granulés plastiques, la jeune entreprise Plaxtil vient de prouver la faisabilité du recyclage des masques de protection à usage unique.

«Dès que les masques sont apparus, nous avons immédiatement pensé à la pollution qu’ils allaient engendrer. On en voit partout, dans les rues, dans la campagne, alors qu’ils sont constitués à 90% de polypropylène[1], que l’on sait très bien recycler», résume au JDLE Olivier Civil, co-fondateur de Plaxtil. Le reste est généralement composé d’élastiques et d’une barre métallique. Un mélange qui ne pose pas de problèmes à l’entreprise fondée en novembre 2019.

Broyage de fibres

Spécialisée dans le recyclage des textiles non recyclables, parce que constitués d’un mélange de fibres, l’entreprise a en effet développé un procédé permettant leur broyage et leur mélange avec une résine pour produire des granulés plastiques pouvant entrer dans la fabrication de nouveaux produits.

Quarantaine et désinfection

«Nous avons tout simplement adopté notre process de fabrication, en procédant à une mise en quarantaine des produits usagés pendant 4 jours et à leur désinfection par ultra-violets, grâce à une technologie développée par la start-up UV Mobi, en accord avec l’Agence régionale de santé de Nouvelle-Aquitaine», poursuit le dirigeant. Un dispositif dont le coût est estimé entre 20.000 et 30.000 euros.

Collecte record

En accord avec la ville de Châtellerault, une cinquantaine de bornes de collecte ont été installées dans des pharmacies, cabinets médicaux et supermarchés. Les masques usagés ont ensuite été récupérés et triés par le chantier d’insertion local, Odacie, qui retire la barre métallique intérieure. Ils peuvent ensuite être broyés et traités pour être recyclés.

50.000 masques en 2 mois

Environ 50.000 masques ont d’ores et déjà été transformés depuis fin juin, selon Plaxtil, qui croule sous les demandes. «Nous sommes très sollicités par de grandes entreprises et par des collectivités du département de la Vienne pour le recyclage des masques qui seront utilisés, à partir de la rentrée, dans tous les collèges et lycées», explique Olivier Civil.

A partir des granulés de plastique recyclé, Plaxtil a déjà fabriqué plus de 2.000 visières, ouvre-porte et attache-masque en plastique commandés par la ville. Des produits qui seront distribués gratuitement aux associations et aux salariés de l’agglomération.

Une filière nationale ?

Lauréat du concours de l’innovation organisé par l’Ademe en 2017, l’entreprise devrait bientôt annoncer de nouveaux contrats. En attendant le lancement d’une hypothétique filière nationale de recyclage des masques. «Nous avons été contactés fin juillet par le ministère de l’économie, qui se dit intéressé par la généralisation du dispositif sur le territoire», affirme le co-fondateur de Plaxtil. Très utilisés, les masques chirurgicaux et FFP (1 et 2) ne sont toutefois recommandés qu’au personnel soignant et aux personnes à risques par le Haut conseil de la santé publique (HCSP). Le grand public devrait recourir aux masques lavables et réutilisables, moins générateurs de déchets.



[1] Très utilisé dans les emballages alimentaires et l’automobile