Une alliance pour promouvoir les carburants d’aviation durables

Le 18 janvier 2021 par Victor Miget
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
Les combustibles liquides d'origine non biologique sont une piste à explorer pour les signataires.
Les combustibles liquides d'origine non biologique sont une piste à explorer pour les signataires.

D’une seule voix, compagnies aériennes et ONG demandent à l’Union européenne d’accélérer le développement des carburants d’aviation durable (SAF).

 

Une alliance étonnante, pour ne pas dire détonante. Des compagnies aériennes (Air France-KLM, EasyJet, Finnair), associées à des ONG (WWF, Réseaux action Climat, Transport&Environment) et à des producteurs de carburants d’aviation durables (SAF) comme SkyNRG demandent à l’Union européenne de mettre en place des incitations à l’utilisation de ces fameux kérosènes bas carbone.

Cette demande est formulée alors que l'Union européenne doit présenter, cette année, de nouveaux objectifs pour une aviation durable. «Étant donné que les dirigeants de l'UE se sont engagés à parvenir à une économie zéro carbone net d'ici 2050, nous mettons l'accent sur la manière d'accélérer la transition vers une aviation climatiquement neutre», déclaré les partenaires dans leur déclaration.

Résidus first

La Commission européenne devrait proposer des normes de durabilité plus élevées que celles énoncées dans la directive sur les énergies renouvelables et la directive sur la qualité des carburants (FQD). Premier point : exclure clairement des filières non durables. La priorité devra être donnée «aux e-carburants et carburants fabriqués à partir de déchets et de résidus». Et ce, afin d’éviter les risques de conflits d’usage avec la production de denrées alimentaires ou d'aliments pour animaux. Outre les déchets, les combustibles liquides d'origine non biologique, comme ceux généré à partir de gaz résiduaires industriels, sont aussi une piste à explorer selon les signataires.

Cas par cas

Au cours des prochaines années, les huiles usagées pourraient répondre aux petits volumes de SAF durables et à faible émission de carbone dans l’aviation estiment les entreprises et les ONG. Mais à plus long terme, «l'UE doit investir dans des carburants fabriqués à partir de ressources plus abondantes telles que les résidus agricoles, collectés séparément les biodéchets municipaux et les électrocarburants».

Sans foncer tête baissée, ces ressources alternatives devront faire l’objet d’une hiérarchisation et d’une évaluation au cas par cas afin d’identifier les plus disponibles et les plus durables. Cette évaluation «pourrait par exemple impliquer l'utilisation de systèmes de certification éligibles», suggèrent les signataires.

«En même temps, nous préconisons une tarification abordable du carburant durable d’aviation, associée à des exigences égales pour toutes les parties. La voie est ainsi tracée pour une augmentation plus rapide des SAF, ce qui nous aidera à réduire notre impact sur la planète et à accélérer nos ambitions en matière d'aviation durable», a déclaré Pieter Elbers, PDG de KLM.