Une alliance européenne pour les matières premières critiques

Le 04 septembre 2020 par Stéphanie Senet
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
Le lithium fait son entrée dans la liste des matières critiques dans l'UE
Le lithium fait son entrée dans la liste des matières critiques dans l'UE

Pour garantir sa transition verte et numérique, la Commission européenne a présenté, le 3 septembre, son plan d’action pour s’approvisionner en matières premières critiques en 2030 et 2050.

Le lithium a fait son entrée dans la liste des matières premières jugées critiques dans l’Union européenne (cf encadré), alors que 78% provient aujourd’hui du Chili. «L’Europe aura besoin de 30 fois plus de lithium en 2030 et 60 fois plus en 2050 rien que pour les batteries des véhicules électriques et le stockage de l’énergie», a déclaré Maros Sefcovic, vice-président de la Commission européenne, en charge de la prospective. «Il ne faudrait pas remplacer la dépendance actuelle aux énergies fossiles par une dépendance aux matériaux critiques», a-t-il ajouté.

La nouvelle liste des matières critiques dans l’UE comprend les terres rares LREEs et HREEs, magnesium, niobium, germanium, borates, scandium, strontium, cobalt, platinoïdes, graphite naturel, indium, vanadium, lithium, tungstène, titane, gallium, silicium et hafnium.

Bruxelles veut «diversifier l’approvisionnement des pays tiers», notamment pour ne pas dépendre que de la Chine pour les terres rares, et «développer la capacité européenne d’extraction, traitement, recyclage, raffinage et séparation des terres rares», indique-t-il dans un communiqué. Des objectifs qui ne sont pas nouveaux puisque la première initiative européenne sur les matières premières remonte à 2008. Mais le Pacte vert et la crise sanitaire ont accéléré la stratégie industrielle de l’UE dans ce secteur. Tous les Etats membres sont d’ailleurs encouragés à investir dans ces minerais et métaux critiques au sein de leur plan national de relance.

Une alliance européenne regroupant tous les acteurs

Parmi les dix actions présentées dans sa communication, la Commission européenne lance une alliance européenne des matières premières regroupant aussi bien les entreprises minières, les recycleurs, les ONG, les syndicats, les régions et la Banque européenne d’investissement (BEI). Cette alliance devra pourvoir aux besoins les plus urgents. Soit les terres rares et les matériaux entrant dans la fabrication des aimants, jugés «vitaux pour l’industrie des énergies renouvelables, de la défense et de l’espace». Des projets d’extraction et de transformation vont être identifiés pour être opérationnels dès 2025. Avec une priorité aux régions charbonnières et autres régions en transition. Des projets qui seront examinés à la loupe au plan environnemental.

Explorer de nouvelles ressources

 Le programme européen d’observation satellitaire Copernicus sera utilisé pour explorer de nouvelles ressources. Le programme Horizon Europe soutiendra de son côté la recherche et l’innovation en matière d’extraction, de traitement, de substitution et de recyclage.

Une cartographie des matières premières critiques secondaires sera aussi opérée au sein des déchets produits dans l’Union européenne, pour identifier des projets de valorisation viables dès 2022.

Nouveaux partenariats internationaux

Quant aux matières premières critiques introuvables en Europe, Bruxelles veut développer des partenariats internationaux stratégiques. Des partenariats pilotes vont être lancés avec le Canada, les pays africains intéressés et les pays voisins de l’UE dès l’an prochain.