Déconfinement à vélo : mode d’emploi

Le 27 avril 2020 par Victor Miget
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Le Cerema a inventorié les solutions pour développer l’usage du vélo lors du déconfinement. Objectif : construire un référentiel technique à destination des autorités organisatrices de la mobilité.

 

A partir du 11 mai, date du début du déconfinement, il sera nécessaire de maintenir des mesures de distanciation sociale afin d’éviter une seconde vague épidémique de Covid-19. Mission quasi-impossible dans les transports publics des métropoles. A moins d’inciter de nombreux usagers à préférer le vélo au bus ou au métro.

La bicyclette apparaît comme le mode de transport propre, compatible avec les règles de sécurité sanitaire, et capable d’éviter le retour massif à la voiture individuelle. Reste à aménager rapidement l’espace public en conséquence. C’était la thématique du webinaire organisé, le 22 avril, par le Cerema. L’occasion pour les intervenants d’évoquer les leviers d’adaptation pour développer un urbanisme tactique[i]. Des dispositions temporaires qui pourraient devenir définitives si jugées pertinentes.

Fini les deux fois deux voies ? 

Premier arme de cet arsenal: la réaffectation des voies. «On peut facilement élargir ces pistes cyclables et réduire les voies pour véhicules motorisés», explique Thomas Jouannot. Facile aussi de supprimer ou déplacer les stationnements pour voitures. Ces deux opérations peuvent être réalisées avec une simple pose de matériel de signalisation (quilles, peintures). Autre avantage: «il peut être manipulé facilement», poursuit le formateur au Cerema. Le tout pour un coût relativement faible. Le prix des balises d'alignement et autres séparateurs modulaires par exemple varie de 30 à 120 euros H.T l'unité en moyenne. 

 

 Capture d'écran / Cerema

A l’initiative de Medy Sejai, directeur du service espace public et mobilité, de la mairie de Montreuil (93), les élus dyonisiens viennent d’engager un programme qui prévoit l’installation de pistes cyclables temporaires et de quais de bus intégrant une continuité d’itinéraire pour les cyclistes . Ces derniers n’auront pas à s’insérer dans la circulation s’ils sont bloqués par un bus. Les aménagements débuteront dans les prochains jours afin d’accompagner le début du déconfinement.

Un quai de bus dans le quartier de la Croix-de-Chavaux à Montreuil (93)

On peut aussi profiter de cette avancée dans le monde d’après pour reconfigurer quelques grands axes, à commencer par les boulevards urbains, à deux fois deux voies, jugés impraticables par les cyclistes. L’économiste des transports et urbaniste Frédéric Héran recommande d’installer un itinéraire cyclable sur ce type de voies. Compter 150.000 euros par km aménagé. Selon le chercheur à l’université de Lille, rien de mieux que d’évoquer la crise sanitaire pour faire accepter ce genre d’aménagement.

Questionner le plan de circulation

 «En cette période de confinement, où la pression motorisée est relativement faible, c’est l’occasion de mettre l’accent sur de nouveaux plans de circulation», poursuit Thomas Jouannot. A Gan (64), l’espace urbain a été segmenté en 3 secteurs. Un véhicule voulant passer de l’un à l’autre, n’aura d’autre choix que d’emprunter le boulevard périphérique. Solution qui désengorge le centre et libère de l’espace sur la voierie pour les vélos et les piétons. Autres idées :  la modération de la vitesse en ville et la multiplication des stationnements vélos amovibles peuvent inciter les usagers à se saisir de leur guidon.  



[i] Urbanisme tactique. Tester des aménagements temporaires dans l'espace public (mesures de ralentissement, voie cyclable, etc.