Un menu végétarien pour près de 3 écoliers sur 4

Le 22 septembre 2020 par Stéphanie Senet
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La loi Egalim a permis l'essor des menus végétariens dans les cantines scolaires
La loi Egalim a permis l'essor des menus végétariens dans les cantines scolaires

71% des enfants de maternelle et de primaire ont désormais accès à un menu végétarien hebdomadaire, dans le cadre de l’expérimentation de la loi Egalim, selon le bilan dressé ce 22 septembre par Greenpeace.

C’est la bonne surprise de la loi Egalim. Adoptée le 30 octobre 2018, elle prévoyait la mise en place expérimentale, dans l’année et pendant deux ans, d’un menu végétarien dans les cantines scolaires au moins une fois par semaine (art 24). Résultat : la grande majorité des collectivités ont joué le jeu, en particulier pour l’alimentation des plus petits.

Une fois par semaine

71% des élèves de maternelle et de primaire ont ainsi droit, une fois par semaine, de façon obligatoire ou optionnelle, à un menu sans viande ni poisson ni fruits de mer, évalue Greenpeace, qui propose aussi une cartographie interactive par commune. «Ils étaient seulement 10% il y a deux ans. Ces résultats montrent à quel point les choses ont progressé dans le bon sens», commente Laure Ducos, chargée de campagne Agriculture et alimentation de l’ONG. Pour le reste, 20% des élèves y ont accès de temps en temps, 6% presque jamais et 3% deux fois par semaine ou plus, comme à Mouans-Sartoux, Grenoble, Paris 2ème, 10ème et 19ème.

Les plus petits des grandes villes

Autre conclusion de cette enquête réalisée de janvier à mars, auprès des cantines de 2.820 villes représentant 57% des écoliers : les grandes villes[1] sont mieux loties. 81% d’entre elles ont mis en place un menu végétarien hebdomadaire contre 53% dans les petites villes[2].

Et plus l’âge des enfants s’élève, plus le résultat baisse. Seulement 59% des collèges et 52% des lycées en proposent. Un résultat que Greenpeace attribue au manque d’informations données aux gestionnaires d’établissements et à leur plus grande distance avec les autorités responsables (conseils départementaux et régionaux et non plus mairies). 11% des lycéens se déclarent pourtant végétariens.

Adieu omelette !

Le menu végétarien a également pris des couleurs dans les écoles maternelles et primaires. Adieu à la sempiternelle omelette (elle compose, avec les œufs, encore 20% des menus). Bonjour aux couscous végétariens et dhals lentilles-coco. Les protéines végétales s’affichent dans 35% des menus sans viande ni poisson. Pour le reste, il s’agit de produits transformés (17%), du type galette de soja ou falafel, et des plats à base d’œuf et de fromage. Autre évolution : un ingrédient est bio dans au moins un quart des menus végétariens.

Moins bien lotis, les collégiens et les lycéens goûtent plus souvent les omelettes et les œufs durs (respectivement 48% et 49% des menus).

Bon pour le climat

Dans une étude précédente, de septembre 2020, Greenpeace a calculé que l’introduction d’un repas végétarien par semaine permet de réduire, en France, de 14 à 19% les émissions de gaz à effet de serre issues de l’alimentation dans les cantines. La consommation d’eau liée à ces menus baisse en même temps de 8 à 11%.

 



[1] Plus de 1.000 élèves étant inscrits en primaire

[2] Moins de 100 élèves en primaire