Un drone qui traque les navires polluants

Le 24 septembre 2020 par Victor Miget
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En passant à travers les fumées des navires, le drone renifleur collecte des données sur la composition même des émissions.
En passant à travers les fumées des navires, le drone renifleur collecte des données sur la composition même des émissions.

Le ministère de la mer a déployé, le 23 septembre, un drone renifleur afin de contrôler les émissions polluantes des navires. 

 

Un drôle d’engin survole désormais le détroit du Pas-de-Calais. Il s’agit d’un drone qui traque les émissions d’oxydes de soufre (SOx) des navires. Déployé à titre expérimental par le ministère de la mer, il est prêté à la France par l’Union européenne au travers d’un partenariat avec l’Agence européenne pour la sécurité maritime (AESM). Mis à disposition gratuitement pour une durée de trois mois, l’engin sera commandé par le centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (CROSS) du cap Gris-Nez.

Normes strictes

Le choix de ce détroit n’est pas un hasard. Dans cette zone, pas moins de 130.000 navires de marchandises et de passagers circulent chaque année. Un flux si dense que «cette région bénéficie d’un régime de protection renforcée en matière de lutte contre la pollution de l’air», souligne le ministère à l’AFP.

La teneur en soufre des carburants des navires y est limitée à un taux de 0,1% contre 0,5% dans le reste du monde depuis janvier 2020. «Pour veiller au respect de cette réglementation, des contrôles sont effectués dans les ports français par les inspecteurs de sécurité des navires», précise le ministère.

Mais voilà, la mer, c’est grand. Le drone va cibler les navires. Equipés de capteurs électrochimique, la petite machine de 150 kg va traverser le panache de gaz d’échappement des cheminées des navires afin d’analyser la teneur en soufre du combustible brûlé. Les données récoltées seront ensuite transférées «en temps quasi réel», et stockées de l’AESM. Lesdites données ne sont récoltées qu’à titre indicatif. En cas d’infraction, elles devront ensuite être complétées d’un prélèvement de carburant des navires suspects à quais. 

Le drone a déjà été déployé au Portugal, en Espagne, en Croatie et en Grèce pour le même type d’opération. Il pourra aussi être utilisé pour des opérations de recherche et de sauvetage en mer coordonnées par le Cross, souligne le ministère.