Un accord sur les rails pour les transports franciliens

Le 22 juillet 2020 par Victor Miget
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Valérie Pécresse a été reçue par la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili et le ministre délégué aux Transports Jean-Baptiste Djebbari.
Valérie Pécresse a été reçue par la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili et le ministre délégué aux Transports Jean-Baptiste Djebbari.
VLDT

La présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, a annoncé le 21 juillet, l’ouverture des négociations avec le gouvernement sur le renflouement des transports en commun franciliens. En attendant leurs résultats, la SNCF a gelé 80 projets.

 

Les relations entre l’Ile-de-France et le gouvernement se dégèlent. «Les négociations sont enfin ouvertes entre le gouvernement et IDFM pour un règlement global des pertes de recettes de transports franciliens», se félicite la présidente de la région capitale, Valérie Pécresse.

Le Premier ministre, Jean Castex, s’était engagé à se saisir du dossier. Ce qu’il a fait, en donnant mandat à Barbara Pompili pour conclure un accord. Valérie Pécresse a été reçue, mardi 21 juillet, par la ministre de la Transition écologique et le ministre délégué aux Transports Jean-Baptiste Djebbari. «Aujourd'hui, la porte est ouverte, la main du gouvernement est enfin tendue et donc nous allons la saisir», a déclaré la présidente de la région capitale à l'issue de la rencontre. Une nouvelle réunion est prévue la semaine prochaine.

Pertes de recette

Le 8 juillet dernier, le conseil d’administration d’IDFM votait à l’unanimité l’arrêt pour le mois de juillet, du versement des acomptes mensuels à la RATP et à la SNCF. Cette décision faisait suite au refus du gouvernement de soutenir les transports collectifs franciliens. L’Ile-de-France a évalué sa perte de recette à 2,6 Md€ pour l‘année 2020.

Dans un geste de conciliation, les députés ont proposé une enveloppe de 425 M€. Insuffisant selon Valérie Pécresse. Lors des discussions sur le dernier projet de loi de finance rectificative, les sénateurs ontadopté un amendement doublant l’acompte prévu, soit 920 M€. Le ministre chargé des Comptes publics Olivier Dussopt avait émis un avis défavorable. L’enveloppe a finalement été portée ce mardi à 605 M€. «C’est un début, mais il reste 2 Mds€ à trouver», relève un porte-parole d’IDFM.

80 projets arrêtés

La situation  commence à peser sur les opérateurs. La SNCF se joint au bras de fer en annonçant le gel de 80 projets, jusqu’à ce que des garanties de financement leurs soient fournies. La SNCF «ne peut engager de dépenses pour de nouveaux services alors même que les services existants ne lui sont plus payés. Ces nouveaux services doivent par ailleurs faire l'objet d'un nouveau contrat, en cours de négociation avec Île-de-France Mobilités.», explique le transporteur.

Dans la liste des représailles du géant du fer : l’arrêt de la mise en circulation de trains longs sur la ligne B du RER les soirs de week-end et de jours fériés. Les futurs trains Regio 2N de la ligne N et R resteront eux-aussi en gare jusqu’à nouvel ordre. de même pour les trois trains matinaux supplémentaires prévus sur le RER C sur le tronçon Brétigny-Austerlitz, ainsi que les nouveaux RER NG prévue pour 2021. «Nous frisons la catastrophe écologique et économique […] l'arrêt de ces projets aura un impact sur tous les fournisseurs de matériels roulants, partout en France», s’est inquiétée Valérie Pécresse. L’élue LR a d’ailleurs demandé à l’Etat, actionnaire unique de la SNCF, d’agir sur l’entreprise pour qu’elle reprenne ses investissements.

A la connaissance d’IDFM, aucun gel n’est prévu du côté de la RATP. «Mais lorsqu’on leur pose la question nous n’avons pas de réponse», note néanmoins le porte-parole.