Trop d’ozone dans l’air réduit les rendements agricoles

Le 22 juillet 2020 par Stéphanie Senet
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Le blé souffre aussi de la pollution à l'ozone
Le blé souffre aussi de la pollution à l'ozone

De trop fortes concentrations d’ozone troposhérique réduisent les rendements agricole et sylvicole, selon une étude publiée le 9 juillet par l’agence de la transition écologique.

Des rendements en baisse. Et des revenus en moins pour les agriculteurs. Ce sont deux nouvelles conséquences de la pollution atmosphérique à l’ozone, identifiées dans le cadre du projet APollO[1] mené par l’agence de la transition écologique, l’Ineris[2] et l’APCA[3].

Nouvel indicateur

Pour parvenir à ces résultats, les scientifiques se sont basés sur un nouvel indicateur PODy (phytotoxic ozone dose above a threshold of y) ciblant les échanges gazeux entre une plante et l’air ambiant. Ils ont ensuite monétarisé les effets d’une pollution à l’ozone sur la productivité d’une culture ou d’une forêt.

Des impacts localisés

«Nous avons observé une tendance nette à la baisse des impacts de cette pollution en France et en Europe depuis 1990 mais aussi des augmentations localisées dans certaines régions en fonction de l’espèce cultivée», affirment-ils.

Surtout le blé tendre et les pommes de terre

Les chercheurs estiment que le blé est fortement touché par cette pollution dans le Nord de la France et les pommes de terre dans l’extrême Nord. Les tomates cultivées en plein champ semblent peu sensibles à cette dégradation de la qualité de l’air.

Prairies, hêtres, épicéas et chênes

Les prairies permanentes, impactées sur une diagonale reliant l’Aveyron à la Moselle, souffrent d’une trop forte exposition à cette pollution chimique. Enfin, l’ozone stresse fortement les hêtres et les épicéas des régions Auvergne-Rhône Alpes, Bourgogne Franche-Comté et Grand Est ainsi que  les chênes pédonculés et rouvres d’une diagonale reliant la Nouvelle-Aquitaine au Grand Est.

Rendements à la baisse

En 2010, l’ozone a ainsi généré des pertes de rendement de 15% pour le blé tendre au niveau national (près d’1 Md€), 11% pour les prairies (1 Md€) et les pommes de terre (212 M€), 22% pour les hêtres (66 M€) et 12% pour les chênes (189 M€).

Selon les projections, des pertes similaires sont attendues en 2020 et en 2030 pour chacune de ces cultures, même si les mesures prévues de réduction des émissions sont prises. D’où l’importance d’accentuer la lutte contre cette pollution atmosphérique qui ne touche pas que les urbains.



[1] Analyse économique des impacts de la pollution atmosphérique de l’ozone sur la productivité agricole et sylvicole en France

[2] Institut national de l’environnement industriel et des risques

[3] Assemblée permanente des chambres d’agriculture