Trichloroéthylène: de nouvelles valeurs guides

Le 27 août 2020 par Romain Loury
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Le trichloroéthylène
Le trichloroéthylène

Le Haut conseil de la santé publique (HCSP) propose une valeur d’action rapide de 50 µg/m3 pour le trichloroéthylène, polluant de l’air intérieur, dans un avis publié dimanche 23 août. Si les mesures correctives sont inefficaces, un relogement des habitants pourrait être proposé.

Composé organique volatil, le trichloroéthylène est notamment présent dans les dalles de moquette, les dalles PVC, les colles et les résines. Il peut aussi émaner d’anciens sites industriels pollués, du fait de son utilisation pour le dégraissage des métaux. Classé cancérogène par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ), il favorise le risque de cancer rénal, et peut entraîner, de manière chronique ou aiguë, des effets nerveux, cardiaques et hépatiques.

Dans un avis publié en décembre 2019, l’Anses[i] a proposé deux  valeurs guide de qualité de l’air intérieur (VGAI). L’une, dite intermédiaire, concerne les effets rénaux tels que l’insuffisance rénale, et s’élève à 3.200 µg/m3 d’air pour une durée de 15 jours. L’autre, à long terme, a trait aux cancers rénaux: elle est de 10 µg/m3 d’air pour une exposition vie entière, ce qui correspond à un risque accru de 1 pour 100.000 de développer une telle maladie.

Une valeur d’action rapide

Saisi en juin par les ministères de la transition écologique et de la santé afin d’actualiser les valeurs guides, le HCSP propose, sur la base des travaux de l’Anses, deux valeurs d’aide à la gestion: primo, une valeur repère pour l’air intérieur (VRAI), fixée à 10 µg/m3, égale à celle proposée par l’agence sanitaire. Secundo, une valeur d’action rapide (VAR) cinq fois plus élevée, à 50 µg/m3 d’air.

En cas de dépassement de la VRAI, le propriétaire du bâtiment disposera de cinq ans pour mettre en place des mesures correctives, tels qu’entretien de la ventilation, traitement du soubassement (caves, vides sanitaires, etc.) et étanchéité du bâtiment. Si c’est la VAR qui est franchie, ce délai sera au maximum de trois ans, mais de seulement 3 mois si la concentration initiale dépasse 600 µg/m3, de 6 mois si elle est comprise entre 300 et 600 µg/m3, etc.

Si les solutions techniques mises en place ne permettent pas de descendre sous la VAR dans ces délais, la personne responsable des locaux «devra envisager la relocalisation provisoire ou le relogement des occupants, même si cette solution ne serait pas à privilégier si elle devait avoir des conséquences sociales négatives», indique le HCSP.



[i] Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail