Transports: l’Ademe dévoile son programme triennal

Le 01 décembre 2020 par Victor Miget
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L'exécutif envisage de tripler la part modale du vélo pour les déplacements du quotidien d’ici à 2024.
L'exécutif envisage de tripler la part modale du vélo pour les déplacements du quotidien d’ici à 2024.

L’Agence de la transition écologique veut accélérer la montée en compétence des différents acteurs de la mobilité.    

 

L’Ademe joue la carte de l’écologie sociale et solidaire. A travers la stratégie Transport&Mobilité qu’elle a présenté ce 1er décembre, l’Agence de la transition écologique veut créer de nouveau «leviers propres à la mobilité, les conditions d’émergence et de déploiement de solutions permettant aux acteurs, dans leur diversité, de s’engager dans la transition écologique et aux habitants des territoires de mieux y vivre». Pour tendre vers cet objectif, le bras séculier du ministère de la transition écologique articule sa stratégie 2021-2023 autour de trois axes.

Comprendre et agir sur la demande

Dans un premier temps, l’Ademe dit vouloir tenir compte des publics fragiles «pour une transition écologique et solidaire, tournée vers les territoires les moins denses». En somme, développer les transports dans ces zones. Un croque-mitaine que l’Ademe compte combattre avec des cartographies des différentes précarités, des guides à destination des élus, des études sur les coûts des mobilités.

Oui, les études vont pleuvoir, sur des thèmes aussi divers que l’e-commerce, la logistique du dernier kilomètre ou le télétravail. Sur ce dernier point, «il s‘agira d’apporter une vision objective de la place du télétravail comme levier de la transition écologique. Un moyen dont les externalités[i] restent à évaluer et quantifier mais dont les bénéfices pourraient s’avérer intéressants pour la relocalisation d’activités et la vitalité des territoires.»

Préparer le monde d’après

Le second temps, plus opérationnel, vise à favoriser le report modal. Au menu, du fer, de la mer, du fluvial et du vélo… «il s’agit également d’identifier et d’accompagner des leviers et des solutions innovantes permettant de favoriser l’intermodalité et la multi-modalité». L’Ademe dit vouloir favoriser la mise en place de dispositifs d’incitation comme le forfait mobilité ou encore le label employeur pro-vélo et à la réglementation (ex : emport des vélos dans les trains, parking dans les gares...). L’agence ouvrira une enquête nationale sur l’autopartage, diligentera une étude pour décarboner pour le secteur aérien. Elle mettra aussi sur pied les observatoires du covoiturage et du transport combiné.

Troisième temps : se concentrer sur l’existant. Les équipes d’Arnaud Leroy veulent faciliter la décarbonation progressive du parc de véhicules. L’Ademe va développer des guides méthodologiques pour les décideurs publics et privés, évaluer le retrofit électrique et proposer une évolution de la fiscalité du secteur aérien.  

Les objectifs

Comment évaluer un tel programme? Par la vingtaine d’objectifs que l’Agence fixe: passer de 3% à 10% des actifs réalisant au moins un jour de télétravail par semaine, tripler la part modale du vélo pour les déplacements du quotidien d’ici à 2024, atteindre l’objectif réglementaire de 100% des renouvellements des bus à faibles émissions d’ici à 2025, plafonner les émissions de Ges des vols domestiques … Rendez-vous dans 3 ans pour le bilan.

 

Objectifs suivis par l'Ademe : 

 

Source : Ademe

 


[i] Le télétravail transforme la mobilité : avec 18 % de nouveaux actifs télétravailleurs, l’Ademe avance une économie de 3 300 tCO2/semaine.