Transports: Jean-Baptiste Djebbari défend sa trajectoire

Le 10 novembre 2020 par Victor Miget
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Jean-Baptiste Djebbari devant la commission de l'aménagement du territoire du développement durable au Sénat.
Jean-Baptiste Djebbari devant la commission de l'aménagement du territoire du développement durable au Sénat.

Auditionné par le Sénat, le ministre chargé des Transports a défendu son budget transport pour 2021. Les sénateurs ne sont pas totalement convaincus.

 

Le volet transport du PLF 2021 se précise. Jean-Baptiste Djebbari en a défendu les grandes lignes devant les deux chambres du parlement. En période de crise sanitaire: le transport est l’une des priorités de l’exécutif a assuré le ministre.

Pour preuve, le programme 203 «Infrastructures et services de transports» pour 2021, consacré aux infrastructures et services de transports, verra ses crédits augmenter de 17% par rapport à 2020, pour atteindre 3,7 Md€. Derrière ces sommes, «des engagements forts», selon le ministre. «Jamais par l’Etat n’aura autant investi dans le ferroviaire», a-t-il rappelé.  

Sanctuariser

Le fret va bénéficier d’une enveloppe de 170 millions d’euros afin de réduire de moitié le tarif des péages ferroviaires en 2021, de soutenir le wagon isolé et le transport combiné,  et d’amorcer la création et ou la reprise de 3 nouvelles autoroutes ferroviaires (Calais-Sète, Cherbourg-Bayonne, Barcelone-Perpignan-Rungis-Anvers). Le PLF2021 va augmenter les concours obligatoires versés à SNCF Réseau. 66 millions d’euros supplémentaires seront alloués aux trains d’équilibre du territoire et les TER.

Baisse des trafics routier et aérien oblige, l’Etat anticipe. Le soutien aux liaisons d’aménagements du territoire par voies aériennes verra son budget augmenter de 5 millions d’euros en 2021. La trajectoire de l’Afitf a été sanctuarisée pour faire face aux pertes de recettes dues à la forte diminution du trafic. Son budget pour 2021 s’élèvera à 2,8 Md€.

Le budget annexe de contrôle et d’exploitation aériens, sera quant à lui de 2,3 Md€ en 2021. Ce chiffre prend en compte les baisses de recettes dues à la diminution du trafic pour les années 2021, 2022 et 2023, a rappelé le ministre. «Nous avons préservé cet outil de l’aviation civil au prix d’un emprunt de 700 millions d’euros».

Des sénateurs dubitatifs

Le sénateur Olivier Jacquin (PS) s’est inquiété «des iniquités de traitement entre les autorités organisatrices» et de pertes de recettes inégalement compensées entre la région Ile-de-France et la province. Jean-Baptiste Djebbari a assuré que des corrections seraient apportées dans le cadre du quatrième projet de loi de finances rectificatives.

A l’Assemblée nationale, le ministre a rappelé, lundi 9 novembre, qu’à ce budget 2021 il fallait ajouter les 11,5 Md€ du plan de relance, dédiés aux transports. Explication qui n’a pas convaincu Jean-François Longeot «Sur le caractère réellement nouveau des crédits prévus. Il semble en effet qu’une partie importante soit destinée au financement des dépenses qui sont déjà connues mais qui n’avaient pas encore été budgétées à ce jour», a indiqué le sénateur UDI.

Devant les sénateurs, le ministre est aussi revenu sur les prolongements du bonus écologique et de la prime à la conversion (1 Md€ par an), ainsi que sur le maintien des malus écologique et sur la masse des véhicules.

Les parlementaires ont douté de la réelle efficacité de ce dernier dispositif. En choisissant un seuil de 1,8 tonne plutôt que 1,4 comme préconisé par La Convention Citoyenne, seul 1% des véhicules thermiques devraient être concernés par ce malus. Le seuil poids a été décidé «au regard du marché français. 1,8 tonne permettait de maintenir une compétitivité du marché (il ne pénalisera aucune voiture française NDLR) et de correspondre aux ambitions environnementales de l’Etat», s’est défendu l’ancien pilote.