Transports franciliens : la cessation de paiements sera pour le 8 juillet

Le 26 juin 2020 par Victor Miget
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La RATP a encore un peu de trésorerie.
La RATP a encore un peu de trésorerie.
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La présidente de la Région Île-de-France, Valérie Pécresse, a annoncé qu'Île-de-France Mobilités (IDFM) ne sera plus en mesure de payer la SNCF et la RATP à partir du 8 juillet. Une menace à peine voilée.

 

Le bras de fer entre l’Etat et la région Ile-de-France se poursuit. Après avoir menacé d’augmenter le prix du pass Navigo de 20 euros par mois pendant cinq ans pour renflouer les caisses, la présidente de la région capitale, Valérie Pécresse, a menacé de ne plus payer la SNCF et la RATP à compter du 8 juillet. « Je mets l'Etat face à ses responsabilités. Il est actionnaire de la RATP et la SNCF, ce sera à lui d'assumer si IDFM ne peut pas les payer. La réponse de l'Etat est incompréhensible », a-t-elle martelé dans une téléconférence, lundi 22 juin. Et l’élue s’est même trouvée une alliée de circonstance en la personne… d’Anne Hidalgo. La maire (PS), candidate à la mairie de Paris, s’est dite « solidaire de Valérie Pécresse sur ce combat. »

Les 2,6 milliards de la discorde

Même son de cloche du côté du principal intéressé : IDFM, l’autorité organisatrice des transports de la région. « Dans toute la France en 2020, il manquera 4 milliards d’euros (Mds €) pour l’ensemble des systèmes de transports en commun. Dont 2,6 Mds € pour la seule région Ile-de-France », nous explique un porte-parole. A cause de la pandémie de Covid-19, les recettes voyageurs ont fondu d'1,6 Mds €. À cela s’ajoute 1 Md € de manque à gagner sur le versement mobilité acquitté par les employeurs franciliens, en raison de carences de rentrées due au chômage partiel.

Malgré tout, la région a « maintenu un niveau d’offre très important pendant les deux mois de confinement. Nous avons assuré un service maximum pour que 500.000 personnes puissent aller travailler et avons fait circuler des trains et des métros vides pour faire respecter la distanciation sociale ». Montant de la facture : 600 millions d’euros. Problème : IDFM assure qu’il ne peut plus suivre aujourd’hui, sans le financement de l’Etat. « Avant la Covid-19, nous avions une comptabilité saine, nous avions un peu de réserve et avons pu payer les opérateurs. Mais après le 8 juillet, nous arrêterons de rémunérer la SNCF et la RATP. » Et ce n’est pas une menace, insiste le porte-parole. Plutôt un état de fait. 

Rendre la pareille

La région et IDFM attendent le retour d’ascenseurs promis. « Comme le président a dit que l’Etat serait au rendez-vous, nous partions confiants, donc nous avons payé. Et aujourd’hui, on nous propose 425 millions d’euros pour l’Ile-de-France. En Allemagne ils ont mis 5 milliards pour compenser les pertes de leurs transports ! » Automobile, aviation, et même le vélo. Tous ont eu leur enveloppe pendant post-covid. « On ne comprend pas la démarche du Gouvernement. D’ailleurs, personne ne se l’explique. Pourtant nous sommes un service public, nous employons beaucoup de monde et remplissons aussi des vertus écologiques », rappelle le porte-parole.

La RATP a d’ores et déjà assuré qu’elle pourrait poursuivre son exploitation pendant « quelque temps » grâce à sa seule trésorerie. Le secrétaire d'Etat aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari, a, quant à lui, indiqué au micro de RTL que « les transports continueront à rouler en Ile-de-France » ne pas douter qu’ils trouveront « une solution intelligente avec Mme Pécresse ». Optimiste.