Surveillance accrue de la qualité de l’eau potable en Europe

Le 23 octobre 2020 par Stéphanie Senet
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De nouvelles substances contrôlées
De nouvelles substances contrôlées

Le Conseil de l’UE a officiellement adopté l’accord trouvé en trilogue autour de la nouvelle directive sur l’eau potable. Celle-ci met à jour les paramètres d’évaluation définis il y a 22 ans.

C’est l’initiative citoyenne Right2Water, la première du genre dans l’UE, qui a poussé l’Union européenne, dès mars 2012, à revoir sa réglementation de l’eau potable. Si elle visait à «garantir un accès à l’eau pour tous», elle n’a eu que partiellement gain de cause alors qu’un million de personnes n’y ont toujours pas accès en Europe.

Accès à l’eau amélioré

Plus de deux ans après la proposition législative de la Commission européenne, le compromis trouvé en trilogue autour de la révision de la directive de 1998 ne vise en effet qu’à «améliorer» l’accès à l’eau de tous dans l’Union.

Les Etats membres devront quand même évaluer la proportion de la population qui ne peut pas s’approvisionner au robinet et identifier les groupes vulnérables.

Ils devront aussi installer des fontaines dans les lieux publics et favoriser la fourniture d’eau gratuite dans les restaurants, cantines et lieux publics. Si celle-ci est déjà assurée en France, ce n’est pas le cas dans les restaurants belges par exemple. Ces deux mesures ne sont toutefois pas contraignantes, l’UE laissant aux Etats membres le choix des mesures pour élargir l’accès à l’eau

Nouvelles substances sous contrôle

Deuxième objectif de la directive: améliorer la qualité de l’eau en analysant de nouvelles substances ou des substances émergentes, dont le chlorate et le chlorite, les composés perfluorés et les bactéries Legionella

Trois perturbateurs endocriniens seront aussi suivis. En particulier le bisphénol A, que l’on peut trouver dans des canalisations, dont la limite est fixée à 2,5 microgramme par litre). Le nonylphénol et le bêta-oestradiol, eux, entrent seulement dans la nouvelle «liste de vigilance» (les eurodéputés voulaient les limiter) qui sera finalisée par la Commission européenne au plus tard un an après l’entrée en vigueur de la directive. Des médicaments et les microplastiques devraient y entrer aussi.

A noter que le plafond pour le plomb reste fixé à 10 µg/l mais sera divisé par deux dans quinze ans, (et non plus dix ans selon la version initiale). En France, des taux supérieurs à 5 µg/l sont encore observés.

Matériaux en contact

Pour les matériaux entrant en contact avec l’eau potable (utilisés pour son traitement, son stockage ou sa distribution), des exigences minimales seront applicables en s’appuyant sur des listes de substance de départ et des conditions d’acceptation des matériaux finaux.

Selon Bruxelles, un meilleur accès à l’eau potable permettrait de réduire de 17% la consommation d’eau en bouteille, ainsi que les déchets plastiques et les émissions de gaz à effet de serre dans l’Union européenne.

Ralentie par la crise sanitaire, la révision de cette directive sera définitive dès l’adoption du compromis par le Parlement européen. Elle sera alors publiée au Journal officiel de l’Union européenne et entrera en vigueur 20 jours après.