Soil Capital lance un système de rémunération carbone des agriculteurs

Le 25 septembre 2020 par Stéphanie Senet
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Reste à convaincre les agriculteurs
Reste à convaincre les agriculteurs

L’entreprise belge lance le premier programme européen de rémunération carbone des agriculteurs. Un programme disponible dès aujourd’hui pour les exploitants de grandes cultures français et belges.

Dans l’esprit du label bas-carbone made in France, les programmes de rémunération du carbone se développent en Europe. Le dernier-né provient de l’entreprise belge de conseil agronomique Soil Capital, fondée en 2013. «Le cœur de notre ADN c’est l’alignement de la rentabilité et de la performance environnementale des fermes», explique Chuck de Liedekerke, son PDG, qui a déjà conseillé 45 entreprises à travers le monde.

«Le carbone est bon pour le sol parce qu’il lui amène une porosité très positive pour la filtration de l’eau et pour le développement racinaire. C’est un carburant essentiel pour la photosynthèse de la plante», explique l’agronome Nicolas Verschuere, co-fondateur de l’entreprise. Autre atout au plan financier, il est quantifiable, d’où l’idée de lancer un programme de rémunération des pratiques vertueuses, qui favorisent la réduction ou la séquestration du carbone.

Un programme de 5 ans destiné pour l’instant aux agriculteurs français et belges spécialisés dans les grandes cultures, avec éventuellement de l’élevage si celui-ci ne représente pas plus de 20% des émissions de gaz à effet de serre de l’exploitation.

Agriculture régénérative, mode d’emploi

L’agriculture régénérative qu’ils proposent se base sur 5 principes : réduire voire éliminer les intrants (engrais et pesticides), minimisation du travail du sol, maximisation de sa couverture avec des plantes vivantes, favoriser la biodiversité (haies, bandes enherbées, polyculture), et identifier les ressources locales.

Un marché carbone pas comme les autres

«Les certificats carbone que l’on émet ne sont pas des crédits qui vont permettre à des entreprises de se revendiquer de la neutralité carbone. En revanche un acteur du secteur agroalimentaire qui va acheter une culture neutre en carbone ou stockant du carbone va pouvoir réduire l’empreinte carbone de ses produits», explique Chuck de Liedekerke.

Principes de certification

Pour pouvoir fonctionner, Soil Capital doit bien sûr s’appuyer sur un vaste réseau d’agriculteurs et d’entreprises engagées dans la transition. Côté méthodologie, elle s’appuie sur l’outil Cool Farm Tool, développé par des universités belges, anglaises, et allemandes, et soutenu par des industriels de l’agroalimentaire. Un protocole d’audit externe a aussi été mis au point pour valider la certification.

27,5 euros la tonne de CO2

«Soil Capital promet de rémunérer les agriculteurs engagés au minimum à 27,5 euros la tonne de CO2 économisée. Ce qui peut lui faire facilement gagner 7.500 euros par an, sachant que les formalités de certification représentent 980 €/an», poursuit le PDG.

L’entreprise a pour objectif d’accompagner la transition d’un million d’hectares de terres en agriculture régénérative d’ici à 2025. 20 agriculteurs sont déjà prêts à rejoindre l’aventure. Côté entreprises, la multinationale de l’agroalimentaire Cargill est aussi dans la boucle.