SNCF : les TER hybrides entrent bientôt en gare

Le 07 décembre 2020 par Victor Miget
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Le dispositif hybride développé par Alstom vise à réduire l’énergie consommée et les émissions de gaz à effet de serre de 20%.
Le dispositif hybride développé par Alstom vise à réduire l’énergie consommée et les émissions de gaz à effet de serre de 20%.
SNCF

Le premier TER hybride sera sur les rails début 2021, a annoncé la SNCF dans un communiqué, vendredi 4 décembre. Une solution technique autrement moins coûteuse que l’électrification des lignes.

 

Jusqu’ici, la SNCF tient son calendrier. Alors qu’elle entend sortir du diesel en 2035, elle mise, entre autres technologies, sur les TER hybrides. Comme prévu, les essais du prototype du système de stockage d’énergie de ce TER, premier du genre, se sont achevés en septembre 2020 à Tarbes, dans l’usine d’Alstom. «Cette phase consistait, notamment, à simuler un voyage en ne recourant qu’aux batteries électriques, comme des parcours en mode «hybridation», avec l’utilisation des moteurs thermiques et des batteries», explique un communiqué de la SNCF.

20% d’économies d’énergie

Prochaine étape : des tests du premier TER hybride commenceront début 2021 en Occitanie. Développé par Alstom, en partenariat avec les régions Grand-Est, Nouvelle-Aquitaine, Val-de-Loire et Occitanie, ainsi que la SNCF, «ce TER hybride, dont le déploiement est prévu en 2023[i], est ainsi le premier projet d’hybridation d’une automotrice en France», note la SNCF dans son communiqué.

Le TER test sera conçu à partir d’une rame de TER Régiolis (qui circulera en Occitanie). La moitié des moteurs diesel de la rame seront remplacés par des batteries lithium-ion de grande capacité. Elles récupéreront l’énergie de freinage[ii] afin de réduire la traction diesel aux abords des gares «source de pollution comme de bruit», rappelle la SNCF. Et de poursuivre «de même, ces batteries aident au maintien des performances de traction du train en cas de tension caténaire faible.» Le dispositif permet de réduire l’énergie consommée et les émissions de gaz à effet de serre de 20%. La SNCF ambitionne d’équiper 400 trains TER (la moitié du parc TER Diesel), d’ici 10 ans. De quoi réduire de 10% la consommation de gasoil du groupe, sur l’ensemble des trains régionaux.

Une solution à moindre coût

En l’attente des trains à batteries ou à hydrogène, cette technologie est une solution à moindre coût. La facture pour le TER test s’établit à 16,6 millions d’euros. A titre de comparaison, selon un rapport de l’Assemblée nationale sur le verdissement des matériels roulants du transport ferroviaire en France, électrifier les lignes coûte de 0,35 à 1,5 million d'euros (M€) par kilomètre de voie simple, et de 0,7 à 3 M€ pour une ligne à double voie. Une donnée à ne pas prendre à la légère, dans des régions où le taux d’électrification des lignes TER est encore faible. Par exemple, en Nouvelle-Aquitaine, seuls 40 % des 3.250 km de lignes TER sont  électrifiés. En France, 20% des circulations ferroviaires (fret compris) carburent encore au diesel.

 



[i] Une expérimentation commerciale démarrera en 2022

[ii] Un tiers de l’énergie totale consommée par le train