Royaume-Uni: les inondations causées par le réchauffement

Le 01 février 2016 par Romain Loury
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Un risque accru de 43%
Un risque accru de 43%
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Les inondations historiques qu’a connues le sud de l’Angleterre en janvier 2014 sont-elles liées au réchauffement? Selon une étude publiée lundi 1er février dans Nature Climate Change, le doute n’est plus permis: les changements climatiques, d’origine humaine, ont accru de 43% le risque d’un tel événement.

Les îles Britanniques sont-elles condamnées aux inondations hivernales? En décembre 2015, c’est le nord de l’Angleterre et l’Ecosse qui ont essuyé les plâtres. Deux ans auparavant, durant l’hiver 2013-2014, c’est le sud de l’Angleterre, particulièrement le Dorset, le Devon, le Somerset, la Cornouailles et la vallée de la Tamise, qui avait été sous les eaux, avec des dégâts estimés à 541 millions de livres (595 millions d’euros) de biens assurés.

Dans quelle mesure ces événements peuvent-ils être imputés au réchauffement climatique? Dans un exercice de modélisation climatique publié lundi 1er février, Nathalie Schaller, de l’Environmental Change Institute à l’université d’Oxford, et ses collègues ont mené plus de 134.000 simulations comparant la situation actuelle et en l’absence d’influence humaine sur le climat.

Air plus humide, forte dépression atmosphérique

Bilan: le réchauffement d’origine humaine accroît de 43% le risque de précipitations aussi violentes que celles qu’a connues le sud des îles Britanniques à l’hiver 2014. Cet effet est lié aux deux tiers à la capacité accrue de l’atmosphère de se charger en eau (facteur thermodynamique), à un tiers à une hausse du nombre de jours où le vent souffle d’ouest (facteur dynamique).

Selon Pascal Yiou, co-auteur de l’étude exerçant au Laboratoire des Sciences du Climat et l'Environnement (LSCE, Paris): «cette augmentation des pluies extrêmes a été liée à une hausse de l’humidité, et très probablement à une fréquence accrue de grandes dépressions atmosphériques à l’ouest de l’Ecosse».

Grosse Tamise

Les chercheurs sont par ailleurs au-delà du seul facteur précipitations, analysant le risque d’inondation: selon leurs calculs, ces pluies ont permis une augmentation de 21% du débit de la Tamise, avec un intervalle d’incertitude allant jusqu’à 133%, avec environ 1.000 propriétés sinistrées de plus.

Fin janvier, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) a confirmé que 2015 était l’année la plus chaude jamais enregistrée, avec 0,76°C au-dessus de la moyenne période 1961-90, et dépassant pour la plupart fois le seuil de 1°C au-dessus de la période industrielle. Si El Niño a favorisé de tels niveaux, les experts estiment que 2015 aurait probablement été l’année la plus chaude même en son absence.