Rénovation des bâtiments publics: la demande explose

Le 22 octobre 2020 par Victor Miget
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Les 4000 projets de rénovation énergétique déposés représentent 8 Md€.
Les 4000 projets de rénovation énergétique déposés représentent 8 Md€.

Lancés en septembre, les appels à projets pour la rénovation des bâtiments public remportent un franc succès. Pas moins de 4.000 projets ont été déposés en un mois. Face à une telle demande, il va falloir être sélectif.  

 

8 milliards d’euros (Md€). C’est grosso modo ce qu’il faudrait engager pour répondre aux plus de 4.000 projets de rénovations déposés suite aux deux appels à projet gouvernementaux pour la rénovation des bâtiments publics, lancés le 7 septembre dans le cadre de France Relance

Attente doublée

Le premier est à l'initiative du ministère de l'Enseignement supérieur, et le second du ministère de l'Economie. Ce dernier concerne l’ensemble des bâtiments de l'Etat. Exception faite des hôpitaux, pour lesquels une enveloppe de 6 Md€ a été décidée dans le cadre du Ségur de la santé. Les projets déposés dans l’enseignement supérieurs représentent 3,7 Md€.

Le second appel à projet porte sur 4,3 Md€. Ces montants ne tiennent pas compte d’éventuels cofinancements. «Un franc succès», selon un communiqué du gouvernement. Problème, seuls 7 Md€ ont été provisionnés pour la rénovation énergétique, dont 4 Md€ pour les seuls bâtiments d’Etat. Il va donc falloir trancher.

Mission sélection

L’instruction et la sélection des programmes de moins de 8 millions d’euros (M€) en Ile-de-France, et de 5 millions d’euros hors région capitale, seront effectuées à l’échelle locale. «Les préfets des régions tiendront des conférences régionales de l’immobilier public d’ici le 10 novembre pour décider des projets à retenir», développe le gouvernement.

Dans le cadre de l'appel à projets sur les bâtiments de l'enseignement supérieur, de la recherche et des Crous une liste de projets sera présentée au préfet et au recteur de région académique qui, une fois validée, sera remontée au niveau national. Les dossiers seront ensuite synthétisés par la Direction de l'immobilier de l'Etat (DIE).

Au niveau national, moins de 5% des projets seront sélectionnés autour du 20 novembre lors d’une conférence nationale de l’immobilier public, présidée par le ministre de l’Economie Bruno Le Maire. Une liste définitive sera arrêtée avant le 30 novembre 2020. L’examen des projets bénéficiera d’un appui technique du Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (Cerema).

Critères de sélection

Le choix reposera sur deux critères : l’impact sur la consommation énergétique et la capacité des équipes porteuses des projets à lancer les travaux dès 2021. Le coût des opérations iront de quelques milliers à plusieurs dizaines de millions d’euros en fonction des programmes.

«Les projets peuvent porter sur des actions dites à gain rapide, c’est-à-dire présentant un fort retour sur investissement», développe le communiqué. Sont citées les actions de contrôle, de pilotage et de régulation des systèmes de chauffage et de modernisation des systèmes d’éclairage entre autres. Sont aussi prévus «des travaux relevant du gros entretien ou du renouvellement des systèmes», tels que l’isolation du bâti et le changement d’équipements. Sont également attendues des opérations immobilières de réhabilitation lourde «comportant d’autres volets que la rénovation énergétique (mise aux normes de sécurité et d’accessibilité, confort…)».

 Accélérer, simplifier, aider

Ces investissements «vont à la fois permettre de soutenir le secteur de la construction en générant au niveau local de multiples chantiers bénéficiant à l'ensemble du tissu des entreprises du BTP, de toutes tailles, et de réduire l'empreinte énergétique des bâtiments publics en proposant une action rapide et significative sur les consommations énergétiques», espère le gouvernement.

D'ailleurs, la loi d'accélération et de simplification de l'action publique (Asap), en discussion au Parlement, permettra de simplifier les procédures pour les travaux jusqu'à 100.000 euros. De plus, «pour permettre aux PME, en particulier du secteur du bâtiment, de bénéficier pleinement de la relance, le projet de loi prévoit que 10% des marchés globaux soient réservés aux PME».