Renault roule pour le véhicule d’occasion

Le 25 novembre 2020 par Victor Miget
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Le site ambitionne de réparer 20.000 batteries par an à l’horizon 2030.
Le site ambitionne de réparer 20.000 batteries par an à l’horizon 2030.

Le Groupe Renault a annoncé, ce 25 novembre la transformation de son site de Flins en une usine dédiée à l’économie circulaire de l’automobile. Une vitrine européenne ?

 

Le projet s’inscrit dans la stratégie de transformation du groupe au losange, qui vise la neutralité carbone à horizon 2050. Pour atteindre cet objectif, Renault intègre une dimension économie circulaire à son activité. Ce qui l’amène à transformer son site de Flins dans les Yvelines (78). Objectif : en faire le premier site européen d’économie circulaire entièrement dédié à la mobilité. L’usine vise un objectif de bilan carbone négatif à horizon 2030.

La RE-FACTORY, comme elle a été baptisée, accueillera les activités de rénovation de l’usine de Choisy-le-Roi, dotée d'une expertise dans la rénovation des organes mécaniques (roues, volant, moteur, accélérateur, frein et boîte de vitesse etc.). Renault prévoit de fermer ce site dans le cadre d'un plan de 2 Md€ d'économies sur trois ans. Sont prévus des dispositifs d’accompagnement et de formation des salariés de Flins et Choisy-Le-Roi. «Il y a un volet reconversion des compétences très forts […] Les premières formations vont commencer dès le premier semestre 2021», assure Luca de Meo, directeur général de Renault SA. A terme plus de 3.000 personnes seront employées sur ce nouveau site.

Potentiel. Le groupe et ses partenaires dirigent déjà trois activités d’économie circulaire : Indra (traitement de véhicules hors d’usage), Gaia (collecte et le traitement de pièces et matières pour une seconde vie) et Bonne Comenor Metalimpex (valorisation des rebus métalliques issus des usines du Groupe). Ces activités ont généré 562 millions d’euros chiffre d’affaires en 2019.

Les pôles

Le site s’articulera autour de quatre pôles d’activités complémentaires. Une ambition : accompagner un véhicule tout au long de sa vie. Le premier pôle de Retrofit reconditionnera des véhicules d’occasion thermiques en véhicules électriques. Il intégrera aussi un service de fabrication de pièces détachées à l’imprimante 3D. Un centre de test et de prototypage sera intégré pour travailler sur la durabilité des véhicules et des matériaux. Les conversions viseront d’abord une clientèle professionnelle (véhicules utilitaires) pour faciliter l’accès au centre urbain notamment, qui seront de plus en plus soumis aux zones à faibles émissions (ZFE).

Le retrofit sera étroitement lié au pôle Re-Cycle. A charge pour ce dernier d’assurer la gestion des pièces et matériaux usagés. Les activités de retrofit pourront envoyer des pièces usagées au Re-Cycle et s’y approvisionner en pièces rénovées ou de réemploi. A ce jour, le taux de matériaux recyclés dans les véhicules Renault est de 30%. C’est à cette fin que sera installée une ligne de démantèlement de véhicules hors d’usages. Objectif : 10.000 véhicules démantelés par an.

Cap sur les batteries

Un troisième pôle, baptisé Re-Energy devra industrialiser ce que le groupe appelle «le potentiel d’applications découlant de la batterie électrique et des nouvelles énergies». Concrètement, il s’agira d’optimiser la première vie des batteries, de développer des applications en seconde vie (stockage stationnaire d’énergie). Dès 2021, l’usine accueillera un dispositif de stockage stationnaire d’énergie d’une capacité de 15,5 MWh.

Ce pôle gèrera la fin de vie des batteries (recyclage des batteries lithium-ion) : le site ambitionne de réparer 20.000 batteries par an à l’horizon 2030. Il devra aussi élaborer des motorisations à nouvelles énergies (hydrogène ou GNV). Quatrième et dernier pôle, Re- Start développera les savoir-faire industriels en matière d’économie circulaire. Il accueillera un incubateur et un pôle universitaire de formation. 

Cap sur le marché de l’occasion

Le Groupe Renault en est persuadé, l’économie circulaire porte un fort potentiel de croissance (cf encadré). L’industriel français ambitionne de faire de Flins une référence européenne en la matière. «Le marché du véhicule d’occasion dans les pays européens, c’est deux à trois fois (en volume NDLR) celui du neuf, et c’est un marché en croissance […] Le recyclage n’est pas une activité à perte. C’est pour cela que nous le faisons», confirme Luca de Meo. «Nous envisageons que plus de 100.000 véhicules (par an NDLR) sortiront comme neuf de cette usine. C’est un changement de modèle qui est créateur de valeur», ajoute Jean-Dominique Senard, président du groupe. La Re-Factory sera déployée entre 2021 et 2024 et y remplacera l’activité de production de véhicule neuf. Dans un premier temps, le site de Flins pourra reconditionner 45.000 véhicules d'occasion par an, à partir de septembre 2021.