CO2: les navires entrent enfin dans l'ETS

Le 17 septembre 2020 par Victor Miget
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
Les compagnies devront réduire leurs émissions de CO2 annuelles moyennes d’au moins 40% d’ici à 2030 par rapport aux niveaux de 2018.
Les compagnies devront réduire leurs émissions de CO2 annuelles moyennes d’au moins 40% d’ici à 2030 par rapport aux niveaux de 2018.

Le Parlement européen a voté, le 16 septembre, l’inclusion du transport maritime dans le système d’échange de quotas d’émissions de gaz à effet de serre (ETS). La première brique d’un vaste chantier.

 

L’année dernière, «13% des émissions totales de gaz à effet de serre issues des transports dans l’UE provenaient du secteur maritime», a rappelé le Parlement européen dans un communiqué. Malgré cela, ce secteur restait le seul à n’être soumis à aucun engagement européen en matière de réduction d’émissions de GES.

Dans le marché

Mercredi 16 septembre, les eurodéputés ont rectifié le tir. Ils ont approuvé une proposition de règlement de la Commission visant à intégrer le transport maritime au système d’échange de quotas d’émission de gaz à effet de serre (ETS). «Le champ d’application du règlement comprend tous les voyages à l’intérieur de l’Union, tous les voyages à destination de l’Union, entre le dernier port situé en dehors de l’Union et le premier port d’escale situé dans l’Union, et tous les voyages entre un port situé dans l’Union et le premier port d’escale en dehors de l’Union», développait dans son rapport, l'euro-députée allemande Jutta Paulus et rapporteuse du texte.

Objectif global

Autre mesure votée : les navires déplaçant au moins 5.000 tonnes de jauge brute devront répondre à un objectif clair de réduction des émissions. Les parlementaires exigent que les compagnies réduisent d’au moins 40% d’ici à 2030 par rapport aux niveaux de 2018 leurs émissions annuelles moyennes de CO2 par unité de transport. 

Contacté par le JDLE, Karima Delli, présidente de la Commission Transport de la Commission européenne, se réjouit. «Ce n’est qu’un premier volet mais c’est un grand pas». Reste à s’occuper… du reste. «Il va encore falloir négocier avec les Etats membres. Mais désormais, nous allons travailler sur la question de la limitation du recours au fuel lourd, du recyclage des navires, du report modal et de l’électrification dans les ports et du dessin de la zone ECA en méditerranée (Zone de contrôle des émissions atmosphériques ndlr) etc.». D’ailleurs, l’élu présentera bientôt un rapport sur décarbonisation du secteur maritime.

Un fonds mal doté ?

Les eurodéputés ont également voté la création d’un Fonds pour les océans pour la période 2022-2030. Il sera financé au moins à 50% par les revenus de la mise aux enchères des quotas dans le cadre du marché carbone. Il servira à soutenir les investissements dans les technologies et infrastructures innovantes. 20% de ce fonds contribuera à la conservation des écosystèmes marins.

Mais faute de règle précise d’allocation de quota, la dotation de ce fond, financé par les revenus des quotas, pose encore question. Une question à laquelle devront répondre le parlement et le conseil à l’issue de la négociation qui ne devrait pas tarder à s’ouvrir.