Quotas de pêche: les ministres de l’UE trouvent un accord à l’arraché

Le 17 décembre 2020 par Stéphanie Senet
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En Méditerranée, l'effort de pêche n'est réduit que de 7,5% en 2021
En Méditerranée, l'effort de pêche n'est réduit que de 7,5% en 2021

Les 27 Etats membres de l’UE ont convenu, le 16 décembre, de prolonger, pendant trois mois, les totaux admissibles de capture (TAC) 2020 pour les stocks partagés avec le Royaume-Uni. En Méditerranée, la réduction de l’effort de pêche reste faible.

Faute de perspective sur un accord post-Brexit, l’essentiel des TAC 2020 sont reconduits, en Atlantique et en mer du Nord, jusqu’à fin mars 2021. Soit 150 sur 175. Les restants seront couverts par des quotas provisoires, selon l’accord obtenu par les 27 ministres de la pêche, puis seront renégociés après l’accord post-Brexit.

Derrière ces principes de base, quelques stocks font l’objet de mesures particulières. C’est le cas du maquereau et du merlan bleu, particulièrement pêchés en début d’année, et de la crevette nordique, fortement menacée.

Selon l’ONG Oceana, environ 35% des TAC ne respectent pas les recommandations scientifiques. C’est le cas du lieu dans le Golfe de Gascogne, la sole au large de l’Irlande, le cabillaud au Sud de la Suède, le merlan de mer du Nord et la morue du Kattegat.

«Un an après avoir raté la fin de la surpêche (initialement prévue en 2020 selon la politique commune de la pêche, ndlr), le Conseil met une fois de plus en péril le rétablissement des stocks», a réagi de son côté ClientEarth.

Péril en Méditerranée

En Méditerranée occidentale, le compromis a en revanche été trouvé dans la douleur, à l’issue d’une nuit entière de pourparlers. Très opposés à la volonté de Bruxelles de réduire de 15% l’effort de pêche en 2021, la France, l’Espagne et l’Italie ont fait pression. Ces pays pêcheurs ont obtenu une victoire puisque la réduction a été finalement divisée par deux pour atteindre 7,5%.

Le commissaire à l’environnement Virginijus Sinkevicius n’a pas caché sa déception. «Je regrette ouvertement que les ministres n’aient pas pris pleinement en compte les recommandations scientifiques en approuvant des efforts plus ambitieux», a-t-il déploré. Dans la région, 19 des 22 espèces démersales –dont le merlu- font l’objet d’une surpêche effrénée.