Qualité de l’air: la Chine respire un peu mieux

Le 28 juillet 2020 par Romain Loury
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A Delhi, une baisse de 8 ans d'espérance de vie
A Delhi, une baisse de 8 ans d'espérance de vie
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Un Terrien perd en moyenne deux années d’espérance de vie du seul fait de la pollution de l’air, révèle l’édition 2020 de l’Air Quality Life Index publiée le28 juillet. Si la Chine connaît une nette amélioration, le nord de l’Inde suffoque, avec une espérance de vie réduite de huit ans.

Si en cette année 2020 la Covid-19 s’attire toutes les attentions, le doute n’est plus permis quant à la première cause de mortalité à travers le monde: il s’agit incontestablement de la pollution de l’air, extérieur ou intérieur, qui tue chaque année huit millions de personnes à travers le monde.

Selon l’Air Quality Life Index 2020, publié mardi 28 juillet par l’Energy Policy Institute de l’université de Chicago (EPIC), la pollution par les particules fines est responsable d’une baisse de 1,9 année de l’espérance de vie au niveau mondial, tout juste devant le tabac (1,8 an). Et loin devant d’autres fléaux, tels l’alcool et les drogues (11 mois), la qualité de l’eau (6 mois), les accidents de la route (5 mois), le sida (4 mois), le paludisme (3 mois), les guerres et le terrorisme (23 jours).

Pour parvenir à ce chiffre, stable depuis 20 ans, les chercheurs ont analysé les données de pollution par pays, les comparant aux niveaux recommandés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), à savoir une teneur inférieure à 10 microgrammes/mètre cube d’air de particules fines PM10 (d’une taille inférieure à 10 microns).

Bangladesh et Inde, pays les plus touchés

Parmi les pays les plus touchés, ceux de la péninsule indienne. Au niveau national, c’est au Bangladesh que le fardeau est le plus lourd, avec une baisse de 6,2 années d’espérance de vie, voire 7,2 ans dans la capitale Dacca. En Inde, la perte est de 5,2 ans, mais s’élève à 8 ans dans le nord du pays, qui concentre le quart de la population du pays. Le Népal et le Pakistan ne sont pas en reste, avec des baisses respectives de 4,7 et 2,7 ans d’espérance de vie.

Egalement très touché par la pollution de l’air, le sud-est asiatique, dont 89% de la population est exposée à des niveaux excédant le niveau de qualité de l’air recommandé par l’OMS. A Singapour, les habitants pourraient espérer vivre 3,4 années de plus, contre 4,8 années à Jakarta, capitale indonésienne.

La situation n’est pas non plus reluisante en Afrique centrale et occidentale (-1,2 an), particulièrement au Nigeria, où Lagos connaît une baisse d’espérance de vie de 2,9 ans. Idem à Lomé (Togo, -2,6 ans), Kinshasa (République démocratique du Congo, -2,5 ans) et Abidjan (Côte d’Ivoire, -1,7 an). Au Nigeria, la pollution de l’air constitue la deuxième cause de mortalité derrière le sida.

En Chine, des efforts payants

Bien que réputée pour la mauvaise qualité de son air, la Chine a connu de nets progrès ces dernières années: entre 2013 et 2018, trois quarts des gains mondiaux en termes de PM10 ont été effectués en Chine. Si ces efforts de dépollution sont maintenus, les Chinois peuvent désormais espérer un gain de 2,1 ans, mais se situent encore à 2,3 ans d’espérance de vie du niveau prôné par l’OMS.

Pour comparaison, les Etats-Unis n’ont gagné que 1,6 année d’espérance de vie grâce à l’amélioration de la qualité de l’air depuis 1970, les Européens neuf mois depuis 1998, rappellent les auteurs du rapport. Sur ce dernier continent, l’amélioration est aussi notable, particulièrement dans les régions industrielles: les habitants de la province italienne de Vénétie ont gagné 2,3 ans d’espérance de vie en 20 ans, ceux de Silésie (sud de la Pologne) deux ans.