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Le nombre de journées à piètre qualité de l’air va augmenter

Le 16 septembre 2020 par Valéry Laramée de Tannenberg
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La qualité de l'air européen, ce 15 septembre.
La qualité de l'air européen, ce 15 septembre.
AEE

Dès l’année prochaine, la France fait évoluer sa méthode d’évaluation de la qualité de l’air.

C’est la «mauvaise» nouvelle de cette 6e journée de la qualité de l’air. Selon toutes probabilités, le nombre de jours où la qualité de l’air sera classée «mauvaise», voire «extrêmement mauvaise» va exploser dès l’an prochain.

Selon des simulations réalisées par Atmo-France, la France pourrait comptabiliser plus de 1.200 journées où il fera mauvais respirer dans l’une de ses métropoles, contre 200 environ observées chaque année entre 2015 et 2017. L’une des conséquences du plan de relance? Pas du tout.

nouvelle méthode

Dès le 1er janvier prochain, entrera en application une nouvelle méthode de calcul de l’indice Atmo. Après 20 ans de bons et services, cet indice de la qualité de l’air urbain commençait à montrer ses limites.

Calculé en prenant en compte les concentrations dans l’air des agglomérations comptant plus de 100.000 habitants de particules (PM10), d’ozone, de dioxydes d’azote et de soufre, cet outil de communication voyait sa couleur varier en fonction de la pire des 4 concentrations. D’un jour à l’autre, l’indice peut conserver la même couleur avec des cocktails de polluants très différents. Ce qui ne facilite pas l’interprétation de statistiques annuelles.

alignement sur l'Europe

Autre critique récurrente: l’indice français est incohérent avec son cousin européen. Et il se base sur des seuils bien plus élevés que les valeurs guide de l’Organisation mondiale pour la santé (OMS). Il ne prend pas non plus en compte les particules les plus fines (PM 2,5) dont l’impact sanitaire est pourtant important.

Un arrêté publié le 29 juillet dernier fixe une nouvelle méthode d’élaboration d’Atmo. Il oblige les associations agréées de mesure de la qualité de l’air (AASQUA) à intégrer les fameuses PM 2,5 dans leurs modèles. Autre nouveauté, la France s’aligne sur les seuils du nouvel indice européen (European Air Quality Index) , plus bas que les français.

Conséquence: «on aura plus de jours avec un indice mauvais ou très mauvais», explique Marine Tondelier, déléguée générale d'ATMO France. Ce ne signifiera pas pour autant une dégradation de la qualité de l'air, qui tend à s'améliorer depuis 20 ans, insiste la fédération des associations régionales de surveillance de la qualité de l'air (AASQA).

Alors que l'indice actuel concerne les agglomérations, le nouvel Atmo sera décliné «à une échelle plus fine», avec le calcul quotidien de l'indice au niveau au moins de chaque intercommunalité, voire des communes. Les données collectées seront, en outre, librement accessibles.