Pour le rail, l’UE passe à la caisse

Le 20 juillet 2020 par Victor Miget
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1,6 Md€, des 2,2Md€ alloués aux transports, serviront le ferroviaire.
1,6 Md€, des 2,2Md€ alloués aux transports, serviront le ferroviaire.
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Dans le cadre du mécanisme pour l’interconnexion en Europe, la Commission a annoncé, le 16 juillet, investir plus de 2,2 milliards d'euros (Mds€) dans 140 projets de transport. Et c’est le ferroviaire qui est à l’honneur.

 

Les projets soutenus ont vocation à «construire les liaisons de transport manquantes partout sur le continent, à soutenir les transports durables et à créer des emplois», peut-on lire dans un communiqué de la Commission européenne. Ils seront financés par le mécanisme pour l'interconnexion en Europe (MIE), un programme de subventions de l'Union européenne (UE) (cf encadré) destiné à soutenir les infrastructures de transport. L’Agence exécutive pour l’innovation et les réseaux (INEA) de la Commission signera les accords de subvention avec les bénéficiaires dans le courant de l’année.

Dernier round. Dans le cadre du MIE, 23,2 Mds€ ont été provisionnés dans le budget 2014-2020 de l'UE. Depuis 2014, six appels à projets dans le secteur des transports ont été lancés. Le MIE en a soutenu 794, pour une valeur totale de 21,1 Mds€.

Le ferroviaire en vedette

Concrètement: «les types de projets dans lesquels nous investissons vont du transport fluvial aux connexions multimodales, des carburants alternatifs aux infrastructures ferroviaires de grande envergure.» Mais ce sont bien les chemins de fer qui tirent le gros lot. 1,6 Md€, répartis sur 55 projets, sera consacré au réseau central dit : réseau transeuropéen de transport (RTE-T). Projet majeur : la ligne transfrontalière Rail Baltica. 109 M€ pour intégrer les États baltes au réseau ferroviaire européen.

Neuf autres projets (48 millions d’euros M€) viseront à développer «un système ferroviaire interopérable dans l’UE et à l’exploitation sans interruption des trains sur tout le continent au moyen du système européen de gestion du trafic ferroviaire (ERTMS)». Cela passera par exemple par l’adaptation des locomotives et des voies ferrées au système européen unifié de contrôle des trains.

Le plan comporte aussi un petit volet carburants verts (142 M€). Les transports routiers pourront ainsi compter sur le déploiement de pas moins de 17.275 points de recharge sur le réseau routier.

Et en France ?

En tout, l’Hexagone se verra octroyer environ 127M€. La plus grosse enveloppe (près de 64 M€), financera les travaux de tunnelisation le long de la ligne Grand Paris Express qui reliera l’aéroport d’Orly et la ligne Massy-Palaiseau vers Versailles. «Le projet contribuera à améliorer la qualité de l'air, encouragera un transfert modal durable […] Les travaux devraient permettre d'économiser 27 millions de tonnes d'équivalent CO2 d'ici 2050.», projette la Commission. 

Un second projet financé à hauteur de 13 M€, visera à achever la modernisation du hub ferroviaire de Mulhouse. Et ce, par l'élimination du goulot d'étranglement en gare, ainsi que par la mise à niveau de la signalisation et de la connexion à un nouveau système centralisé de contrôle de la circulation. Le programme doit parfaire les liaisons entre la France, l'Allemagne, la Suisse et le Luxembourg.