Pour assurer la distanciation la RATP va devoir jouer serré

Le 07 mai 2020 par Victor Miget
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La présidente de la RATP a rappelé aux sénateurs l’impossibilité d’assurer une distanciation sociale 100% efficace «vu la taille du réseau».
La présidente de la RATP a rappelé aux sénateurs l’impossibilité d’assurer une distanciation sociale 100% efficace «vu la taille du réseau».
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Mercredi 6 mars, lors d’une audition devant la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable du Sénat, la PDG de la Régie autonome des transports parisiens (RATP) Catherine Guillouard, a précisé son plan déconfinement. Aucune solution miracle en vue pour assurer la distanciation sociale.

 

Après la SNCF, au tour de la RATP de dévoiler son plan de déconfinement. Le dispositif final ne sera rendu public que vendredi 8 mai, après que le gouvernement ait dévoilé les exigences sanitaires pour les transports publics.

Gérer les flux

Mais déjà, la présidente de la RATP a rappelé aux sénateurs l’impossibilité d’assurer une distanciation sociale 100% efficace «vu la taille du réseau», sans un filtrage strict dès l’entrée en stations, aux arrêts de bus et de tram.

Or, «la grande inconnue du 11 mai, c'est les flux entrants dans nos réseaux». D’autant qu’il est question de garder un œil, sur 12.000 arrêts de bus, 93 gares routières, 368 stations de métros et RER et 184 arrêt de tramway. Un travail colossal qui impliquerait la mobilisation de 1.500 à 5.000 personnes en fonction du nombre de voyageurs. Dès le 11 mai, 3/000 agents de la RATP vont être «dédiés exclusivement à la canalisation des flux et au respect de la distanciation physique». En parallèle, la régie a disposé un million d’autocollants sur le réseau afin de favoriser les distances de sécurités.

Double peine. La RATP a évalué le coût du confinement entre 300 et 350 millions d'euros. «Auxquels viendront s'ajouter les 60 millions» de la grève de décembre et janvier dernier.

Côté trafic, 3 métros sur 4 rouleront dès le 11 mai. Comptez trois trains sur quatre sur les RER A et B, et 80 à 100% des tramways. Mais tous les moyens sont bons pour garder ses distances. La présidente de la RATP, Catherine Guillouard a précisé que les capacités d’emport des services de transport seront réduites à 15%. Comme la SNCF, la régie a signé un accord sur les modalités de recours aux transports collectifs. Elle demande à ce que soit privilégié le télétravail la première semaine, avec une hausse progressive du taux de présence de 10% par semaine. L’accord préconise aussi un étalement des horaires d’arrivée et de départ au bureau.

Distributeurs de masques

Pour limiter au mieux la circulation du coronavirus, 50 dispositifs de distribution (1000 à terme) de gel hydroalcoolique seront mis à dispositions dans les stations. Gel et masques seront vendus dans les commerces… et les distributeurs. Le budget nettoyage de la RATP (90 millions en 2019), pourrait quant à lui augmenter de 70%.

Sans bonne volonté, pas de bons résultats. Comme à la SNCF toujours, la RATP s’en remet aussi à ses usagers. Elle a publié un «pacte de responsabilité» dans lequel elle leur demande d’«adopter de nouveaux réflexes». Du respect des distances de sécurité, au port du masque obligatoire, en passant par l’achat de tickets dématérialisés via l’application RATP ou par SMS pour les bus.