Pollution de l’air: les effets du confinement sont-ils surestimés?

Le 14 janvier 2021 par Romain Loury
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Le confinement a fortement réduit le trafic
Le confinement a fortement réduit le trafic

Le confinement a bien eu des effets positifs sur la pollution de l’air, mais de manière bien plus nuancée qu’on ne le pensait jusqu’alors, révèle une étude britannique publiée mercredi 13 janvier dans Science Advances.

Outre leur effet sur la dynamique de l’épidémie de Covid-19, les divers confinements, en particulier celui du printemps 2020, ont eu des effets très nets sur la pollution de l’air. Du fait de la baisse d’activité, en particulier du trafic routier, la qualité de l’air s’est très nettement améliorée. En Ile-de-France, la concentration en oxydes d’azote (NOx) a ainsi connu une baisse de l’ordre de 75% au printemps.

S’agit-il là du seul effet du confinement? Pas si simple, affirme l’équipe de Roy Harrison, de la School of Geography Earth and Environment Sciences de l’université de Birmingham (Royaume-Uni). Selon les chercheurs, ces divers bilans ont omis deux facteurs cruciaux, les aléas météorologiques et les variations saisonnières. En corrigeant les teneurs observées dans 11 grandes villes mondiales, les chercheurs sont parvenus à isoler l’impact réel du confinement.

Le bilan est plus nuancé que celui dressé jusqu’alors. Certes, le confinement a bien entraîné une baisse du taux de dioxyde d’azote (NO2), et ce de manière assez immédiate, ce gaz étant principalement lié au trafic automobile. Mais son effet s’avère moins prononcé que celui observé, avec une baisse au maximum de 30%.

Quant aux particules fines PM2.5, de sources plus variées (trafic, chauffage, agriculture, etc.), la situation est variable d’une ville à l’autre: dans certaines (Rome, New York, Los Angeles, New Delhi), le confinement a eu des effets favorables. Il a au contraire eu un effet aggravant à Londres et à Paris. Dans cette dernière, il a ainsi entraîné une hausse de 16,5% du taux de PM2.5.