Plus de 200 projets alimentaires territoriaux en France

Le 19 octobre 2020 par Stéphanie Senet
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Les régions Occitanie et Nouvelle-Aquitaine sont les plus dynamiques
Les régions Occitanie et Nouvelle-Aquitaine sont les plus dynamiques

L’appel à projets 2019/2020 du programme national de l’alimentation a retenu, le 16 octobre, 24 nouveaux projets alimentaires territoriaux (PAT). Alors que la loi Egalim en visait 500 en 2020, la France en compte aujourd’hui 210 selon le réseau national des PAT (RnPAT).

Doté de 2 millions d’euros[1] provenant des ministères de l’agriculture, de la santé, et de l’Ademe, le 6e appel à projets du programme national de l’alimentation a récompensé 24 nouveaux PAT et 15 projets innovants sur le territoire. Parmi les PAT, Hautes Terres Communauté (Auvergne Rhône Alpes) vise à dynamiser l’activité agricole de montagne, la Drôme compte structurer des filières locales pour changer les pratiques alimentaires et résorber les inégalités, et le pays lédonien (Bourgogne Franche Comté) compte augmenter la production biologique sur son territoire…

Les collectivités à la manœuvre

Bien que tout acteur puisse créer un PAT, ce sont les collectivités qui les portent dans la grande majorité des cas (84%), selon l’analyse publiée en juillet par le réseau national RnPAT. Si l’ensemble du territoire national est couvert, les régions Occitanie, Nouvelle-Aquitaine, Bretagne et Pays de la Loire s’avèrent les mieux loties.

Autre conclusion : un PAT couvre en moyenne une population de 185.000 habitants. Ce qui ne signifie pas qu’il est seulement tourné vers les plus grandes agglomérations. 49% des PAT visent en effet des territoires de moins de 100.000 habitants.

Des projets agri-alimentaires ou systémiques

Deux types de PAT coexistent aujourd’hui: les PAT agri-alimentaires et les PAT systémiques. Les premiers visent par exemple l’approvisionnement des cantines avec des aliments bio et locaux, l’aide à la production biologique, la protection de l’eau ou la résilience face au changement climatique. Les seconds ciblent plutôt l’action sociale et l’urbanisme alimentaire, avec par exemple des actions de sensibilisation et de protection du foncier agricole.

Appel à projets bio / Alors que le Fonds Avenir Bio est passé de 8 à 13 M€ par an en 2021 et 2022 dans le cadre du plan de relance, l’Agence Bio lance un nouvel à projets du 19 octobre au 12 janvier 2021.

Gouvernance à la carte

Côté gouvernance, 40% des PAT sont pilotés par des élus (une commission, un groupe d’élus ou le vice-président). 29% d’entre eux relèvent d’une équipe agri-alimentaire (des chambres d’agriculture, des associations comme Terre de liens et le Civam) et 30% d’une gouvernance multi-acteurs. Autre tendance émergente: 20% des projets étudiés ont associé les habitants dans le cadre d’une démarche participative.

«Le dispositif est assez souple puisque tous les acteurs peuvent porter un PAT selon la loi. Mais dans les faits, on observe que très peu d’acteurs de la transformation et de la grande distribution se sont mobilisés. Ce qui ouvre de grandes marges de progrès», note Marc Nielsen, chef de projet RnPAT à l’association Terres en ville. 

Il est encore trop tôt pour évaluer la performance de ces dispositifs mis en place, au mieux, il y a 5 ans. Mais une évaluation nationale est attendue d’ici à la fin de l’année du RnPAT. Côté moyens, les PAT ne disposent que de peu de moyens au niveau local, les régions n’apportant que des soutiens ponctuels lors d’un appel à projets par exemple (Provence Alpes Côte d’Azur).

Au niveau national, un nouvel appel à projets sera lancé dès cet automne, dans le cadre du programme national de l’alimentation. Objectif: doter chaque département d’un projet alimentaire territorial en 2022.

 



[1] L’enveloppe est financée par le ministère de l’agriculture (1,3 M€), l’Ademe (500.000€) et le ministère de la santé (200.000€)