Plus d’un milliard pour l’agriculture et l’alimentation

Le 03 septembre 2020 par Stéphanie Senet
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Ancien, le plan Protéines est enfin doté d'une enveloppe budgétaire: 100 millions d'euros
Ancien, le plan Protéines est enfin doté d'une enveloppe budgétaire: 100 millions d'euros

Le plan de relance accorde 1,2 milliard au financement de la souveraineté alimentaire, la transition agro-écologique et l’adaptation au changement climatique.

Circuits courts, bien-être animal, certification HVE[1], aide à la bio, modernisation des équipements… De nombreux sujets nourrissent le chapitre « transition agricole » du plan de relance présenté ce jeudi 3 septembre. Financièrement, c’est la transition agro-écologique en faveur d’une alimentation saine, durable et locale qui s’avère la mieux lotie, empochant 545 M€.

545 M€ pour la transition agro-écologique

Pour aider les agriculteurs à réduire les intrants (eau comprise), le gouvernement versera une aide de 135 M€ pour le remplacement des équipements agricoles (épandage plus performant de pesticides par exemple).

L’agriculture biologique gagne 60 M€ pour le renforcement du fonds Avenir Bio et des aides à la structuration des filières. Insuffisant pour atteindre l’objectif déjà fixé de 15% de la surface agricole utile (SAU) en 2022.

La certification HVE bénéficiera pour la première fois d’un crédit d’impôt, «alors que son coût pour un agriculteur représente souvent plusieurs milliers d’euros», a indiqué le ministre de l’agriculture Julien Denormandie lors d’une conférence de presse. Il sera inscrit dans le prochain projet de loi de finances pour une montant supérieur à 70 M€.

Les cantines se verront dotées de 50 M€ pour les aider à atteindre l’objectif fixé par la loi Alimentation : 50% de produits de qualité et locaux, dont 20% de bio, en 2022. La Fondation Nicolas Hulot avait chiffré leur transition à 1 milliard d’euros. 

Les plans alimentaires territoriaux (PAT) gagnent 80€ pour accompagner la structuration des filières et en particulier les circuits courts. Objectif : un PAT par département en 2022.

Un soutien sera apporté à 1.000 restaurants durables, aux paniers fraîcheur à travers les AMAP et à des projets d’agriculture urbaine.

100 M€ pour le plan protéines

Doté de 360 M€, le deuxième volet concerne la souveraineté alimentaire. Si certaines affectations restent floues, il est établi que le plan protéines –attendu depuis des années- percevra une enveloppe de 100 M€. «Elle servira à gagner plus d’indépendance pour éviter les importations de soja brésilien, mais aussi à protéger les éleveurs dont le fourrage est de plus en plus victime de sécheresse et à favoriser la consommation humaine de protéines végétales», a détaillé Julien Denormandie. Des financements liés au programme des investissements d’avenir (PIA4) soutiendront la R&D en matière de protéines végétales (hors plan de relance donc).

250 M€ pour le bien-être animal

Autre priorité: la modernisation des abattoirs et des élevages est dotée de 250 M€. «Les injonctions des consommateurs sont fortes dans ce domaine mais elles se heurtent bien souvent aux réalités économiques. Il faut donc aider le secteur à se moderniser», a expliqué le nouveau ministre.

L’enseignement agricole fera pour sa part l’objet d’une grande campagne nationale en faveur des métiers du vivant. Et des bilans carbone seront financés dans les nouvelles installations, en vue de favoriser le stockage du carbone dans les sols.

300 M€ pour l’adaptation

Au volet de l’adaptation au changement climatique, doté de 300 M€, le ministre a annoncé le financement d’équipements performants, comme des systèmes d’irrigation individuels, pour 100 M€.

La filière forêt-bois gagne pour sa part 200 M€ dont 50 M€ pour le reboisement de la forêt et le reste pour alimenter un troisième Fonds Bois et le dispositif Lidar, qui sert à cartographier le massif forestier national grâce à la technologie laser. Un outil dédié à la prévention des risques.

Sur la question sensible des retenues d’eau, le ministre a affirmé que le blocage n’était pas financier et qu’il était essentiel de privilégier la concertation, dans un cadre défini, notamment au sein des plans territoriaux de gestion de l’eau. «Au niveau global, le plan de relance présenté aujourd’hui s’avère 4 fois plus important que celui qui a suivi la crise financière de 2008 et surtout il vise non seulement à conserver les emplois d’aujourd’hui mais à créer les emplois de demain», a-t-il affirmé.

 

 



[1] Haute valeur environnementale