Plaidoyer pour une révolution associative

Le 29 janvier 2021 par Pierre Rigaux
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Une panure à moustaches capturé lors d'une opération de baguage
Une panure à moustaches capturé lors d'une opération de baguage
Pierre Rigaux

Comment améliorer l’efficacité du travail des associations sans se heurter au mur de l’argent, s’interroge Pierre Rigaux, administrateur de la Société française pour l’étude et la protection des mammifères (SFEPM).

La presse libre est rare, la presse écologique aussi. En matière environnementale comme pour le reste, nous avons besoin d’informations produites en toute indépendance. À défaut de médias spécialisés en nombre et moyens suffisants, certaines ONG en diffusent, avec une grande liberté de fond, mais pas sur tous les sujets.

Expertise réelle

A la différence d’associations spécialisées climat/énergie, de celles ayant une approche très globale de l’environnement, ou encore des associations animalistes œuvrant dans l’intérêt des animaux en tant qu’individus, les principales associations françaises porteuses d’une réelle expertise sur la biodiversité (espèces, écosystèmes…) vivent en grande partie d’argent public.

Ce n’est certes pas une dépendance aux grands groupes privés, comme c’est le cas de beaucoup de journaux, mais ce n’est guère mieux. Difficile d’être radical et vraiment libre de ses dires quand on dépend du bon vouloir d’un ministère ou d’un conseil régional pour payer ses salariés.

Compétition interassociative

Aux difficultés financières quotidiennes s’ajoutent, comme ailleurs, la compétition interassociative et les jeux de (petit) pouvoir qui relèguent bien souvent la cause au second plan, malgré les déclarations d’intention, la très bonne volonté des travailleurs, et les admirables réalisations de ces associations depuis des années.

Elles agissent comme elles peuvent. Elles ne peuvent hélas pas beaucoup. C’est pourtant d’une révolution dont nous avons besoin, sur le sujet éminemment complexe de la biodiversité comme plus largement sur le plan écologique. Pour ça, il faut que la parole soit à la fois libre et documentée.