Particules fines: les chaussées polluent aussi l’air urbain

Le 04 septembre 2020 par Romain Loury
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Le bitume, chargé en hydrocarbures
Le bitume, chargé en hydrocarbures
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Le bitume serait une source largement sous-estimée de pollution par les particules fines, selon une étude américaine publiée mercredi 2 septembre dans Nature Communications. En cause, l’émission de composés organiques volatiles et semi-volatiles, sous l’effet de la température et de l’ensoleillement.

C’est une étude pour le moins inquiétante qu’a mené une équipe de chimistes de l’université Yale (New Haven, Connecticut): les chercheurs ont exposé en laboratoire des portions de bitume, riches en hydrocarbures, à des conditions de température et de radiation solaire courantes sur la chaussée, mesurant leurs émissions de composés organiques volatiles –d’importants précurseurs de particules fines.

Leurs résultats montrent un doublement des émissions lorsque le mercure grimpe de 40 °C à 60 °C, des niveaux de température au sol fréquemment retrouvés en été. Pire, l’exposition aux rayons solaires, du fait de la présence d’ultraviolets A et B, les accroît de 300%.

Autant, voire plus, que les véhicules

Le phénomène est loin d’être marginal: selon des données américaines, 45% des surfaces au sol sont recouvertes de bitume en ville, et 20% des surfaces au toit. Selon les calculs des chercheurs pour la ville de Los Angeles, ces surfaces pourraient ainsi dégager entre 1.000 et 2.500 tonnes d’aérosols organiques secondaires par an, contre 500 à 700 tonnes par an pour les véhicules essence, 400 à 700 tonnes par an pour les véhicules diesel –désormais équipés de pots catalytiques.

En matière de particules fines, la route ferait donc jeu égal avec les automobiles, avec des émissions particulièrement élevées en été, avancent les chercheurs. Si ces calculs ne relèvent que d’extrapolations à partir d’observations chimiques en laboratoire, ils confirment l’importance d’autres sources d’émissions, non liées à la combustion.