Nucléaire : un manque de rigueur systémique à Golfech (ASN)

Le 15 juin 2020
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Golfech est équipée de deux réacteurs N4 de dernière génération.
Golfech est équipée de deux réacteurs N4 de dernière génération.
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Pour la seconde année consécutive, le gendarme du nucléaire français fustige la piètre qualité de l’exploitation de la centrale nucléaire de Golfech (82).

La qualité de l'exploitation de la centrale nucléaire de Golfech (Tarn-et-Garonne) s'est encore «détériorée» en 2019, a annoncé, lundi 15 juin, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), qualifiant de «très mauvaise» son appréciation sur le fonctionnement général du site.

«L'ASN est très vigilante sur ce qui se passe actuellement à Golfech. Elle considère que les performances de sûreté nucléaire doivent faire l'objet d'une priorité absolue pour l'exploitant, et à ce titre-là, elle assure un suivi rapproché du site en 2020», a indiqué Bertrand Frémaux, de la division de Bordeaux de l'ASN, lors d'une vidéoconférence de presse, suivie par l'AFP.

inspection de revue

En octobre dernier, l’ASN avait mené une inspection renforcée de la centrale, mobilisant 13 experts sur le site d'EDF pendant une semaine. Cette descente a mis en évidence «un manque de rigueur systémique dans la traçabilité, des insuffisances dans les analyses de risque et dans la maîtrise des fondamentaux de la conduite», confirme le gendarme du nucléaire français.

«L'année 2019 a aussi été marquée par la déclaration de nombreux événements significatifs pour la sûreté. Huit événements sont survenus pendant l'arrêt programmé du réacteur 2, dont un classé au niveau 2» (sur les 7 échelons de l'échelle internationale de gravité des désastres atomiques, Ines), a souligné l'ASN. Il s'agissait d'un incident survenu en octobre 2019 lors d'«opérations de vidange» d'un réacteur.

défauts de maintenance

En matière de radioprotection, «nous avons constaté des situations inacceptables, notamment dans la maîtrise de la propreté radiologique des locaux potentiellement contaminés», a ajouté M. Frémaux.

Au chapitre de la protection de l'environnement, des efforts sont encore à faire, l'ASN ayant constaté «des rejets intempestifs de substances non-radioactives», dont une qui s'est déversée dans la Garonne. Le dernier incident en date, classé de niveau 1, sur la centrale, remonte au 5 juin. Il a affecté un circuit de contrôle du circuit primaire du réacteur 1, du fait d'un défaut de maintenance.

Située sur les bords de Garonne entre Agen et Toulouse, la centrale est composée de deux réacteurs N4 de 1.300 mégawatts permettant de couvrir, en moyenne, la moitié de la consommation électrique de la région Occitanie.

Elle avait déjà fait l'objet d'un bilan 2018 critique, l'ASN ayant alors pointé une qualité de l'exploitation «dégradée».