Nouvelles aires protégées en vue

Le 19 janvier 2021 par Stéphanie Senet
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Au menu: nouveaux PNR, nouvelles réserves...
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Le ministère de la transition écologique a publié, le 18 janvier, son plan d’actions 2021-2023 déclinant la stratégie nationale publiée six jours plus tôt. Une feuille de route qui prévoit la création, l’extension et la transformation d’aires protégées.

Important, ce premier plan d’actions doit permettre à la France d’atteindre l’objectif de 30% d’aires protégées (terrestres et marines) en 2022, dont 10% « en protection forte ». Pour y parvenir, le ministère de la transition écologique confirme la création de quatre nouveaux parcs naturels régionaux au plus tard en 2022 : Picardie Maritime – Baie de Somme (acté en 2020), Mont Ventoux (acté en 2020), Corbières-Fenouillèdes et Doubs-Horloger. La réserve naturelle des Terres australes françaises doit aussi être étendue au niveau de Crozet, Kerguelen, Saint-Paul et Amsterdam.

Autre priorité : élargir la part des zones « en protection forte », c’est-à-dire «où les pressions engendrées par les activités humaines susceptibles de compromettre la conservation sont supprimées ou significativement limitées, de manière pérenne», selon la définition de la secrétaire d’Etat à la biodiversité Bérangère Abba. Pour cela, le ministère compte transformer le parc naturel marin des Glorieuses en réserve naturelle nationale et accroître les zones en protection forte du réseau des AMP des îles Eparses, situées autour de Madagascar, dans l’océan Indien. Ce réseau sera étendu aux parties terrestres et marines de Bassas da India, Europa, Tromelin et Juan de Nova Pilote. Aujourd’hui, 1,8% seulement des aires protégées bénéficient d’une protection forte.

Accent sur les réserves

Au total, le plan d’actions vise à créer ou étendre, d’ici à 2022, 20 réserves naturelles nationales, dont celle des Glorieuses et celles des forêts des monts et crêtes de Mayotte. Ce qui vise à doubler les surfaces de zones humides actuellement protégées et accroître les zones forestières et les récifs coralliens sous protection. A noter que 15 réserves biologiques devraient aussi voir le jour, d’ici à 2023, dans les forêts françaises.

D’ici à 2022, le ministère projette aussi de créer des zones de conservation halieutique sur chaque façade maritime, en métropole et en outre-mer. Leur mise en œuvre doit être étudiée au cours de l’année 2021.

Protection du littoral

La protection du littoral doit aussi être accrue dans les deux ans par une extension du domaine protégé du conservatoire du littoral d’au moins 6.000 hectares, dont une partie en protection forte. En Guyane, de nouvelles aires protégées doivent aussi voir le jour, dont 6.200 hectares de savanes littorales en protection forte. Globalement, 75% des récifs coralliens abrités dans les eaux françaises devront être protégés en 2022 et 100% en 2025.

Selon Bérangère Abba, la protection des aires protégées a obtenu 70 millions d’euros de financements supplémentaires, dont 60 M€ du plan de relance et 10 M€ du projet de loi de finances 2021.

Des moyens insuffisants

Jean-David Abel, vice-président de France Nature Environnement (FNE) salue à l’AFP «un outil très précis, complet et ambitieux, qui cible les écosystèmes prioritaires». Il reste toutefois dubitatif « sur les moyens humains et financiers engagés ». Les financements complémentaires s’arrêteront en effet en 2022. Au niveau des aires marines, le représentant de FNE relève enfin que la protection vise essentiellement l’outre-mer.