Mobilité: l‘Europe dévoile son plan quinquennal

Le 09 décembre 2020 par Victor Miget
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La Commission espère voire 30 millions de véhicules à faibles émissions sur les routes européennes d'ici 2030.
La Commission espère voire 30 millions de véhicules à faibles émissions sur les routes européennes d'ici 2030.

Bruxelles a présenté, le 9 décembre, sa «stratégie de mobilité durable et intelligente» de ces 5 prochaines années. Au menu : durcissement des normes d’émission, carburants décarbonés, transferts modaux.

 

Cette feuille de route jette les bases de la méthode pour verdir les transports européens. L’objectif est ambitieux: réduire de 90% des émissions des transports d'ici à 2050. Tous les modes devront virer au vert prévient la Commission européenne.

La route

Sur les routes, les principes «pollueur-payeur» et «utilisateur-payeur» seront mis en œuvre sans délai. Les normes d’émission de CO2 des voitures et des camionnettes seront durcies en juin 2021 (2022 pour les poids-lourds). «La proposition à venir de normes d'émissions de polluants atmosphériques plus strictes pour les véhicules à moteur thermique (Euro 7[i]) garantira que seuls les véhicules à faibles émissions et à l'épreuve du temps entreront sur le marché», promet Bruxelles.

La stratégie appelle à mettre à disposition de gros volumes de carburants renouvelables durables et faiblement carbonés. Là encore, sans délai. Au travers de son programme «Recharge and Refuel», Bruxelles ambitionne de faire installer 500 stations hydrogène et 1 million de points de recharge publics d'ici à 2025.

Le rail

Sur le volet ferroviaire, la Commission brandit l'achèvement de l’interminable réseau transeuropéen de transport (RTE-T). Elle souhaite aussi simplifier l'utilisation et l'achat de billets transfrontaliers afin de rendre le rail plus attractif. A partir de 2021, des mesures réglementaires seront proposées afin de déployer un système de billetterie multimodal. C’est aussi : «la mise en œuvre du quatrième paquet ferroviaire et l'ouverture des marchés ferroviaires à la concurrence» qui doivent, selon l’exécutif communautaire, «rendre les opérateurs ferroviaires plus réactifs aux besoins des clients et améliorer la qualité de service et la rentabilité». Toujours pour 2021, l’exécutif annonce un plan de renforcement des services ferroviaires voyageurs longue distance et transfrontaliers.

Bruxelles souhaite aussi qu’«une part substantielle» des 75% du fret intérieur transporté par la route soit transférée sur le rail et les voies navigables. Un objectif à portée de main à condition de mieux coordonné l’action transfrontalière des gestionnaires de l'infrastructure ferroviaire.

Les navires

Après le rail, la mer. La législation de l'UE sur le recyclage des navires sera révisée. L’extension du système d'échange de quotas d'émission de l'UE (ETS) au secteur du transport maritime sera bien défendue en juin 2021 par la Commission. Viendra ensuite l’initiative FuelEU Maritime visant à stimuler la production et l'adoption de combustibles maritimes durables. Le programme NAIADES III ambitionne de «compléter les liaisons avec le réseau ferroviaire, d'assurer une infrastructure résiliente au climat, de renouveler les flottes de barges et d'améliorer l'accès au financement (européens NDLR)».

Aviation

En attendant les gros porteurs zéro-émission, la Commission présentera une proposition visant à réduire les quotas ETS attribués gratuitement aux compagnies aériennes. La prochaine initiative ReFuelEU Aviation stimulera la production et l'adoption de carburants d'aviation durables, promet la stratégie. Les discussions se poursuivront sur le ciel unique européen[ii].



[i] Elle pourrait entrer en vigueur dès le 1er janvier 2025

[ii] Le ciel unique européen vise à mieux coordonner à l'échelon continental la gestion du trafic aérien et réduire la consommation de carburant des aéronefs