Matignon saisit la justice pour défendre le CDG Express

Le 15 décembre 2020 par Victor Miget
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Le CDG Express doit relier Paris à l'aéroport de Roissy en 20 minutes.
Le CDG Express doit relier Paris à l'aéroport de Roissy en 20 minutes.

Le gouvernement a indiqué, le 14 décembre, vouloir faire appel d'une décision du tribunal administratif de Montreuil (Seine-Saint-Denis) qui suspend les travaux de la liaison rapide CDG Express.

 

Il y a un mois, le tribunal administratif de Montreuil annulait partiellement l’arrêté interpréfectoral autorisant les travaux de la liaison rapide entre l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle et la gare de l’Est (Paris Xe). Cette décision mettait un coup d’arrêt aux travaux du CGG Express.

Les services du premier ministre ont annoncé, le 14 décembre, leur intention de faire appel de cette décision. «L'État est en train de mener les procédures ad hoc pour pouvoir continuer ce projet. On fait appel très concrètement de cette décision», a indiqué à l’AFP l'entourage du Premier ministre, Jean Castex.

A Montreuil, les magistrats avaient annulé partiellement l’autorisation environnementale du 11 février 2019 «tant qu’elle permet de déroger à l’interdiction de porter atteinte aux espèces protégées». Selon eux, ce projet ne répondait pas «à des raisons impératives d’intérêt public majeur», seule condition légale pour porter atteinte à des espèces protégées. 

Le tribunal avait remis en question l’utilité réelle de la desserte, alors que les avions sont cloués sur le tarmac en raison de la crise sanitaire et que la ligne ne sera finalement pas opérationnelle pour les jeux Olympiques de Paris 2024. Sa mise en service avait été décalée à fin 2025, afin de ne pas perturber les travaux sur les lignes de trains de banlieue au nord de Paris.

Le RER B, victime collatérale ?

Sur la baisse du trafic aérien, l’AFP rapporte les propos de l’Etat : «c'est une analyse que nous ne partageons pas», la baisse du trafic aérien n'étant pas, «durable et définitive», d’après Matignon.

Autre argument avancé: «dans le projet de CDG Express, il y a 500 millions d'euros d'infrastructures pour le RER B», a expliqué, la P-DG de la RATP Catherine Guillouard. «En tuant le CDG Express, on fait un trou d'un demi-milliard dans la raquette du financement du RER B», a-t-elle insisté.

Argument déjà avancé il y a un mois, par le consortium ADP-Réseaux SNCF-Caisse des Dépôts (CDG Express), qui rappelait dans un communiqué que le CDG Express finance effectivement des travaux de renouvellement et de modernisation des voies franciliennes, à hauteur de 537 M€, «au bénéfice des transports du quotidien et en particulier du RER B».