Match Veolia-Suez: la balle à Engie

Le 04 septembre 2020 par Stéphanie Senet
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Pour le président d'Engie, Jean-Pierre Clamadieu, "le compte n'y est pas"
Pour le président d'Engie, Jean-Pierre Clamadieu, "le compte n'y est pas"

Depuis la présentation, le 30 août, de son offre d’achat par Veolia, de l’eau a coulé sous les ponts. Chaque partie prenante a en effet communiqué sa position, montrant combien la partie est loin d’être gagnée pour le leader mondial des services à l’environnement.

Après avoir « pris acte » de l’offre de son principal concurrent, le groupe Suez a donné son interprétation des faits. «Cette démarche n’est ni amicale ni pertinente. Elle nie la spécificité de nos valeurs, de notre culture et de notre projet stratégique», a écrit le directeur général du groupe Bertrand Camus aux 90.000 salariés dans le monde. Dénonçant «des risques pour nos équipes, nos emplois, l’avenir de l’activité Eau France (prévue d’être cédée au fonds d’investissement Meridiam, ndlr) et l’urgence écologique», il a décliné l’invitation du PDG de Veolia Antoine Frérot à venir en discuter.

« Un projet qui fait sens au plan industriel »

Détenteur de 24% du capital d’Engie et 34% des droits de vote, l’Etat s’est montré plus favorable à l’opération. Le Premier ministre Jean Castex a déclaré, le 3 septembre, que «le projet fait sens d’un point de vue industriel». Il a rappelé qu’il serait «vigilant sur le maintien de l’emploi en France» et veillerait à éviter la création d’un monopole dans le secteur de l’eau et de l’assainissement.

« Le compte n’y est pas »

Le président d’Engie veut visiblement faire monter les prix. «Le compte n’y est pas», a affirmé ce 4 septembre Jean-Paul Clamadieu en référence aux 2,9 milliards d’euros proposés par Veolia. «Il faut que nous fassions une valorisation de Suez. Notre vision est que la valeur de Suez est plus importante que la base de cette discussion. Il faut aussi une offre inclusive dans laquelle les équipes de Suez se sentent parties prenantes sinon ça ne marche pas», a-t-il poursuivi.

Appel à un débrayage

L’ensemble des syndicats de Suez ont lancé un appel à un débrayage de deux heures, le 8 septembre, dans tous les pays, pour «montrer leur détermination à lutter contre le projet d’OPA», selon leur communiqué publié ce 4 septembre. La CGT de Suez et d’Engie estiment que «Suez subirait un démantèlement immédiat».