Masques usagés : la pollution du déconfinement ?

Le 13 mai 2020 par Stéphanie Senet
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Les masques usagés s'ajoutent aux déchets accumulés dans la nature
Les masques usagés s'ajoutent aux déchets accumulés dans la nature

Déjà exponentielle dans le secteur médical, la production de masques usagés suit le même chemin pour les particuliers déconfinés. Ce qui expose les professionnels du nettoyage et des déchets, ainsi que l’environnement, à de nouveaux risques.

De nombreuses ONG ont tiré le signal d’alarme à travers le monde. A commencer par l’association OceansAsia dès le 28 février. Lors de leur enquête bimensuelle visant les déchets accumulés sur les plages des îles Soko, à Honk Kong, les équipes ont découvert de nombreux masques chirurgicaux usagés rejetés par la mer de Chine.

A raison d’un ou deux masques portés par jour par des milliards de personnes dans le monde (ils ne sont efficaces que pendant 4 heures), la production de déchets s’avère logiquement faramineuse. Non sans risques pour la flore et la faune marines, mais aussi pour la santé des personnes qui se trouvent à leur contact, comme les professionnels des déchets et du nettoyage des rues.

Consignes tardives et incomplètes

En France, les consignes restent floues alors même que le masque est obligatoire dans les transports en commun. «Le ministère de la santé s’est contenté de dire qu’il fallait jeter les masques usagés sans préciser où ni comment. Il a fallu attendre le 23 mars pour que le ministère de la transition écologique publie une recommandation précise», se souvient Jacky Bonnemains, président de Robin des bois. A savoir que «les masques, gants et mouchoirs usagés utilisés par les particuliers doivent être enfermés dans un sac en plastique fermé, qui sera conservé au moins 24h avant d’être jeté avec les ordures ménagères».

Une précision toutefois réservée aux initiés. A ce jour, tous les messages de prévention diffusés par le gouvernement n’abordent pas la question. Ils se contentent de recommander d’isoler le masque, une fois porté, dans un sac plastique (il ne faut pas le mettre dans son sac ni dans sa poche) et de le laver (pendant 30 minutes à 60°C) lorsqu’il est réutilisable. A noter que tous les masques vendus dans la grande distribution sont à usage unique et non réutilisables. Ceux-là mêmes que le ministère de la santé recommande aux seuls personnels soignants.

Quelques collectivités ont toutefois diffusé des messages spécifiques, «comme le Sysem du sud-est Morbihan, la métropole de Rennes ou le Smectom du Plantaurel dans l’Ariège», relève Robin des bois. Pour que ces déchets rejoignent sans risques la poubelle des ordures ménagères. Il est essentiel qu’ils ne se retrouvent ni dans la rue, ni dans la nature, ni dans les poubelles de déchets recyclables, pour éviter leur dispersion sur les tables de tri. Il ne serait pas inutile qu’une campagne de sensibilisation le dise au grand public.