Londres pourrait prendre en compte les émissions importées

Le 14 janvier 2021 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les importations britanniques pèsent lourd pour le climat.
Les importations britanniques pèsent lourd pour le climat.
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Les émissions importées représentent plus de la moitié des rejets de Ges domestiques.

Se fixer des objectifs ne suffit plus. Il faut passer aux actes. Et à mesure que les ambitions climatiques des pays augmentent, les changements à impulser seront plus importants. Un exemple: le Royaume-Uni. Le pays-hôte de la future COP 26 (en novembre prochain à Glasgow, si tout va bien) a récemment revu à la hausse son objectif climatique.

Dans un communiqué diffusé le 4 décembre dernier, le premier ministre britannique a indiqué que son pays réduira de 68% ses émissions de gaz à effet de serre (Ges) entre 1990 et 2030. Le précédent objectif légal était de 61% sur cette période. A l'horizon de 2050, le royaume continue de viser la neutralité carbone.

Pour y parvenir, Londres prévoit déjà d’agir sur l’industrie, les logements, les transports, la production et consommation d’énergie, l’agriculture. Cela restera insuffisant. Et l’administration de Boris Johnson en est bien consciente.

discussions en cours

Le 8 janvier, lors d’une audition devant le comité parlementaire d’audit environnemental, le ministre de l’environnement a indiqué vouloir prendre en compte les émissions imputables aux importations. Un sujet complexe au vu de leur importance. Selon un rapport de l’office britannique des statistiques, les produits achetés à l’étranger alourdissent de plus de 250 Mt de gaz à effet de serre (Ges) par an le bilan climatique du royaume. A comparer aux 400 Mt de Ges émis annuellement par la Grande-Bretagne.

«Nous avons des discussions avec le Trésor», a indiqué George Eustice, qui a laissé entrevoir la prochaine fixation d’objectifs climatiques portant sur la consommation de produits importés. Un écueil: l’évaluation du bilan carbone de produits fabriqués dans des pays n’ayant pas forcément les mêmes systèmes statistiques.

Pour y remédier, trois chercheurs ont récemment proposé dans Carbon Brief une méthode d’évaluation basée sur les bénéfices tirés par les pays exportateurs de leur production. Une avancée.