Lhyfe : une autre vision de l’hydrogène

Le 30 septembre 2020 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Une usine d'hydrogène et un centre de recherche.
Une usine d'hydrogène et un centre de recherche.
Lhyfe

La start-up vendéenne lance la construction de sa première unité de production d’hydrogène vert. Avec des ambitions européennes à la clé.

Et si l’hydrogène ne profitait pas qu’aux pétroliers? C’est un peu le credo des créateurs de Lhyfe, l’une des start-up les plus en vue du secteur bondissant de l’hydrogène tricolore. Installée à Bouin (Vendée), l’entreprise présidée par Matthieu Guesné veut être à la pointe de l’hydrogène véritablement vert, et non décarboné par l’atome comme esquissé dans le plan hydrogène que le gouvernement a présenté le 8 septembre.

300 kg par jour

Le 26 septembre, l’entreprise vendéenne a posé les premières pierres de son nouveau site industriel. Situé à quelques encablures d’un petit parc éolien, cette future installation comprendra un électrolyseur d’un mégawatt de puissance, alimenté en électrons par les aérogénérateurs, exploités par Vendée Energie (filiale du Syndicat départemental d’énergie et d’équipement de la Vendée). La concrétisation du projet H2Ouest, sélectionné en 2018 par l’Ademe.

Au printemps prochain, si tout va bien, Lhyfe produira 300 kg d’hydrogène par jour. De quoi satisfaire aux besoins d’une petite flotte de véhicules (2 kangoo des pompiers du SDIS, une benne à ordure, des bus de la métropole du Mans).

l'électrolyseur du futur

Soutenu par le conseil régional, le département de Vendée entend multiplier les points de livraison. Des stations devraient voir le jour à Saint-Gilles-Croix-de-Vie, à Challans et aux Sables-d’Olonne et à la Roche-sur-Yon dans les deux prochaines années. «L’usine est dimensionnée pour accueillir 3 MW de puissance», confirme Matthieu Guesné. Mais là n’est pas l’essentiel. A côté des électrolyseurs s’installera le personnel du centre de recherche. Sa mission: mettre au point les prochaines machines à produire de l’hydrogène.

L’équipe de Matthieu Guesné a son idée. Installer des électrolyseurs de grande puissance en mer pour profiter des faibles coûts de production des champs d’éoliennes offshore. Le design? Une plateforme marine sur laquelle sera posée un électrolyseur d’une centaine de MW. L’engin sera plus imposant que les sous-stations électriques des parcs éoliens marins. «De quoi produire 10.000 tonnes d’hydrogène par an. Ce qui est une capacité très importante. D’ailleurs, notre problème, c’est de trouver le débouché», confesse Matthieu Guesné.

Raison pour laquelle, ce monstre des mers se jettera plus probablement dans les eaux écossaises, allemandes ou néerlandaises. Dans ces régions, le littoral est riche en éoliennes et en clusters industrielles susceptibles de consommer de grands volumes d’hydrogène vert pour décarboner leurs activités.