Les trottinettes électriques parisiennes renforcent l’effet de serre

Le 30 septembre 2020 par Victor Miget
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Les trottinettes électriques ont contribué à émettre 13.000 tonnes de CO2 à Paris en 2019.
Les trottinettes électriques ont contribué à émettre 13.000 tonnes de CO2 à Paris en 2019.
VLDT

Les services de trottinettes en libre-service ont accru les émissions de CO2 de la ville de Paris. 

 

Une étude qui finit d’enfoncer le clou. Publiée par  le Journal of Cleaner Production et menée par Anne de Bortoli, (Paris Tech) et rattachée au groupe Eurovia (Vinci), et Zoi Christoforou, de l'université de Patras (Grèce) cette évaluation montre que ces petits engins alourdissent le bilan carbone de la ville lumière. Selon les chercheurs, le déploiement des flottes de trottinettes électrique a contribué à émettre 13.000 tonnes de CO2 à Paris en 2019. Autant que les rejets annuels d’une ville comme La Baule.

Peu de report modal

Les chercheurs pointent en premier lieu un report modal quasi inexistant. Sur les 500 usagers de trottinettes électriques interrogés, seuls 7% ont remplacé la voiture par ce mode de locomotion. Avant cela, les deux tiers utilisaient le métro et un quart étaient des cyclistes ou des piétons. Or, l’usage de la trottinette électrique n’est pas totalement neutre. En moyenne, elle rejette 0,1 KgCO2eq/passager-kilomètre : deux fois plus qu’un scooter électrique !

Ce piètre bilan s’explique par leur cycle de vie. A défaut de pouvoir utiliser les données des opérateurs, les scientifiques ont pris en compte des analyses indépendantes du cycle de vie des trottinettes. «Le modèle que nous avons utilisé pour nos travaux estime ainsi que l’impact de l’utilisation d’une trottinette partagée à Paris vient pour moitié de la gestion de la flotte par l’opérateur – collecte des trottinettes pour les entretenir et les recharger, et pour moitié de la manufacture des trottinettes – production du cadre en aluminium et de la batterie principalement», développe l’auteure.

Que faire ?

Pour autant, l’étude ne prône pas l’interdiction de ces engins, mais l’amélioration de leur conception. «Les constructeurs devraient s’appuyer sur des analyses de cycle de vie de leurs produits, et mettre à disposition des déclarations de performance environnementale vérifiées par des tiers indépendants», suggère la chercheuse. Dans le meilleur des mondes, l’acheteur pourrait ensuite se rapporter à cette déclaration pour orienter son choix vers les solutions les plus responsables.

Autres préconisations: optimiser les tournées des véhicules de collecte, relocaliser les entrepôts de maintenance pour réduire les distances à parcourir et recourir à des batteries amovibles pour les trottinettes en libre-service. Certains opérateurs s’étaient engagés à prendre des mesures allant dans ce sens