Les transports se déconfinent lentement mais sûrement

Le 18 mai 2020 par Victor Miget
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
"Je reste très prudente, car nous savons que le nombre de voyageurs va augmenter progressivement, alors même que les capacités d’emport de nos transports en commun restent fortement limitées"
"Je reste très prudente, car nous savons que le nombre de voyageurs va augmenter progressivement, alors même que les capacités d’emport de nos transports en commun restent fortement limitées"
VLDT

Ile-de-France Mobilités (IDFM) a dressé un bilan plutôt positif de la première semaine de déconfinement dans les transports de la région. Mais la prudence est de mise.

 

« Globalement satisfaisant ». Voilà comment IDFM, le Syndicat des transports d'Île-de-France, a qualifié la première semaine le déconfinement dans les transports publics. La RATP a assuré 75 % du trafic de bus et de métro, 100 % sur les lignes automatisées du métro 1, 13 et 14, 85% sur les lignes de tramway. Côté RER, l’offre est passée de 65 % lundi à 75 % mercredi. L’obligation de porter un masque, effective depuis lundi 11 mai, a été respectée à près de 95 %.

Un risque sous-jacent

Si la première semaine s’est relativement bien déroulée, qu’en sera-t-il pour celles à venir ? IDFM a chiffré à 500.000, le nombre de voyageurs quotidiens pendant le confinement. Le 11 mai, ils étaient 700.000, puis 850.000 à la fin de la semaine. Passant de 15 à 17% de l’affluence moyenne sans Covid-19. « Je reste très prudente, car nous savons que le nombre de voyageurs va augmenter progressivement, alors même que les capacités d’emport de nos transports en commun restent fortement limitées compte tenu de la règle de distanciation imposée par le Gouvernement », a précisé dans un communiqué Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France. 

Une prudence de mise, d’autant que l’ampleur de cette augmentation est compliquée à mesurer. « Nous avons établi des scénarios, mais il est difficile de prévoir avec exactitude, dans la mesure où nous n’avons pas de recul sur ce type de crise. Nous nous adaptons au jour le jour », nous confie un porte-parole d’IDFM. Pour l’heure, la région va continuer de se focaliser sur la mise en place des gestes barrières, des rappels sonores et visuels et l’appui des forces de l’ordre si nécessaire. En effet, depuis le début du déconfinement, des filtrages dans les transports sont opérés par les forces de sécurité des opérateurs, la police nationale et municipale, la gendarmerie nationale et des agents de sécurité privée. Au total, 3.500 personnes aident à contenir l’affluence dans les transports en commun. Valérie Pécresse demande à l’Etat de poursuivre ce dispositif jusqu’au 2 juin.

Le trafic routier reprend doucement

Autre observation lors de cette première semaine de déconfinement : le raz-de-marée d’automobilistes tant redouté n’a pas eu lieu. L’autorité régionale constate « une reprise très faible du trafic routier et une dynamique très positive sur le vélo ». Le spécialiste des technologies de géolocalisation, Tomtom, a calculé que le taux de congestion sur les routes était deux fois plus faible qu'en période normale. Pour l’instant.

Côté bicyclette, le directeur du collectif Vélo Ile-de-France nous assure que « le niveau de fréquentation de certaines pistes cyclables est presque revenu à celui de l’avant-confinement ». Selon Le Parisien, à Paris, les trajets en vélos dans la capitale ont atteint 60 % du niveau enregistré entre les 4 et 10 mars, avant confinement. Alors que beaucoup de salariés sont encore en télétravail. « Nous pourrons évaluer cela plus convenablement d’ici plusieurs semaines. Mais on attend deux à trois fois plus de cyclistes ». Le collectif a commencé à calculer la fréquentation des itinéraires temporaires mis en place à l’occasion du déconfinement. Le constat est sans appel : « Cette semaine, la part modale du vélo y était de 10 à 15%, selon les aménagements. »

Du côté d’IDFM, malgré l’absence de données empiriques sur la pratique du vélo, l’engouement se traduit par une hausse des demandes de subventions vélos Véligo. « En moyenne, avant la crise de la Covid-19, nous étions à 50 demandes par jour. Maintenant nous sommes aux alentours de 200 », constate le porte-parole du syndicat de transport.