Les Suédois testent l’acier zéro carbone

Le 31 août 2020 par Valéry Laramée de Tannenberg
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L'unité expérimentale comprend un électrolyseur de 4,5 MW.
L'unité expérimentale comprend un électrolyseur de 4,5 MW.
Hybrit

Le consortium Hybrit a inauguré, ce lundi, une unité expérimentale de réduction de minerai d’acier à l’hydrogène. Un procédé innovant grâce auquel les sidérurgistes suédois pourraient enfin décarboner leur production.

La sidérurgie est l’une des industries qui peinent le plus à se décarboner. A elle seule, elle rejette 7% du CO2 mondial. Mais cela pourrait n’être bientôt plus qu’un mauvais souvenir. Ce lundi 31 août, le consortium Hybrit a inauguré sa première unité pilote de réduction de minerai d’acier à l’hydrogène, dans l’aciérie de Lulea (nord-est).

Installée dans le vaste complexe sidérurgique de la société SSAB, l’un des membres du consortium[1], l’installation expérimentale doit permettre la réduction du minerai de fer préréduit (base de la production d’acier) non plus en utilisant du charbon à coke mais de l’hydrogène.

Le gaz sera produit par un électrolyseur de 4,5 MW construit par Nel Hydrogen Electrolyser (filiale de Nel Asa) sur le site et alimenté par de l’électricité d’origine renouvelable fournie par Vattenfall, autre participant au projet.

condamné à la réussite

La réussite du programme Hybrit est vitale pour le sidérurgiste et pour la politique climatique suédoise. La production d’acier est à l’origine de 10 % des émissions carbonées du royaume. Sans décarbonation de cette industrie lourde, Stockholm n’a aucune chance d’atteindre la neutralité carbone comme prévu en 2045.

Pour l’électricien national, Vattenfall, la production d’hydrogène promet d’être une bonne affaire. Il faudra produire 15 TWh d’électricité verte par an pour décarboner l’intégralité de la production d’acier suédois.

Les essais devraient durer jusqu’en 2024, indique Hybrit dans un communiqué. C’est à l’issue de cette période que les trois partenaires pourront évaluer les faisabilités technique et financière de ce procédé.

Selon les premières estimations, l’acier décarboné à l’hydrogène vert pourrait coûter 15 à 20 % plus cher que de l’acier réduit au coke. Les trois partenaires estiment que ce surcoût sera compensé par une hausse du prix des quotas d’émission au cours de la prochaine décennie.



[1] Le consortium Hybrit est composé de l’énergéticien Vattenfall, du sidérurgiste SSAB et du producteur de minerai de fer LKAB.