Les solutions fondées sur la nature trouvent preneur

Le 17 juillet 2020 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les mangroves sont aussi des éponges à CO2.
Les mangroves sont aussi des éponges à CO2.
VLDT

Le groupe Procter & Gamble va payer des ONG planteuses d’arbres pour séquestrer ses émissions de carbone résiduelles.

Procter & Gamble. Ce nom ne vous dit, peut-être, rien ? Mais derrière ce groupe, basé à Cincinnati, se cache des centaines de marques connues dans le monde entier : les lessives Ariel ou Dash, le détergent Monsieur Propre, les rasoirs Gillette.

Plus que centenaire, le groupe se met au goût environnemental du jour. Il s’agit ni plus ni moins que d’atteindre la neutralité carbone d’ici à 2030. Comme un goût de déjà vu, penserez-vous. Ce n’est pas tout à fait faux.

4 Mt de gaz à effet de serre par an

Le groupe dirigé par David Taylor entendait, jusqu’à présent, réduire de moitié ses émissions internes (4 MtéqCO2 par an) d’ici à 2030 et ne plus consommer, à cette échéance, que de l’électricité d’origine renouvelable. Insuffisant. Aussi, pourquoi, comme le propose de nombreuses ONG ou l’UICN, ne pas utiliser les «solutions fondées sur la nature» ? Banco !

forêts et mangroves

Dans un communiqué, publié le 16 juillet, Procter & Gamble annonce vouloir financer plusieurs projets de restauration de forêts et de mangroves aux Philippines, au Brésil, aux Etats-Unis et en Allemagne. La création et la gestion de ces milieux «naturels» seront confiées à Conservation International, au WWF International et à Arbor Day Foundation. Ces ONG toucheront 10 millions de dollars par an, pour séquestrer l’équivalent de 3 millions de tonnes par an de CO2.

Problème, ces objectifs ne portent, encore une fois, que sur les émissions directes et indirectes du groupe, qui ne représentent que 2 à 3% de son empreinte carbone, totale, incluant les émissions imputables à l’utilisation de ses produits. Procter ne promet pas non plus de réduire sa consommation d’huile de palme dont la production, même régulée, est source de déforestation de forêts tropicales et donc d’émission de gaz à effet de serre.