Voitures électriques: les recharges publiques n’ont pas prise sur les usagers

Le 16 juillet 2020 par Victor Miget
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D'après le sondage d'Enedis, 70% de ceux qui conduisent un véhicule électrique n'utilisent pas les bornes de recharge publiques.
D'après le sondage d'Enedis, 70% de ceux qui conduisent un véhicule électrique n'utilisent pas les bornes de recharge publiques.

Une étude d’Enedis révèle que la plupart des conducteurs de véhicules électrifiés rechargent à la maison plutôt qu’en ville. Les bornes demeurent indispensables, estime néanmoins l’Avere.

 

On compte un peu plus de 30.000 bornes de recharges publiques, mais personne ou presque ne les utilise. C’est ce qui, à première vue, ressort d’une étude commandée par Enedis, gestionnaire du réseau public de distribution d’électricité.

Réassurance

Selon ce sondage, réalisé par BVA, 90 % des conducteurs interrogés rechargent leur véhicule principalement à leur domicile. «70 % des répondants n’utilisent jamais les bornes de recharge publique, 2/3 de ceux qui les utilisent se rechargent sur les parkings de supermarchés», note Enedis.

Et pour cause, recharger chez soi est avantageux. «C’est simple. Il suffit de brancher le véhicule, la charge se fait pendant la nuit et ça coûte relativement peu cher. En heure creuse, le prix du kWh est de 13 centimes avec un abonnement classique. Certains fournisseurs proposent 50% de réduction la nuit par exemple, ou sur certaines tranches horaires le week-end», complète un porte-parole de l’Association pour le développement de la mobilité électrique (Avere) .

Malgré tout, le président de la République Emmanuel Macron a annoncé 100.000 points de recharge en 2021 dans le cadre de son plan de sauvetage de l’automobile. Pourquoi s’obstiner à installer des bornes publiques ?

Parce qu’elles sont essentielles à l’écosystème et rendent un service public. Leur déploiement massif assurera un maillage complet du territoire. Leur absence constituerait un sérieux frein à l’achat, affirme le porte-parole de l’Avere. «Elles remplissent un rôle de réassurance lors des déplacements en itinérance.» Des déplacements encore peu nombreux. L’électrique couvre les trajets du quotidien pour 94 % des répondants, contre 6 % pour les départs en week-end et les vacances, rappelle l’étude d’Enedis.

Les bornes de recharge de rue pallient aussi les carences de l’habitat collectif.  «Elles sont aussi indispensables à ceux qui ne peuvent tout simplement pas recharger chez eux (…) par exemple, dans de vieilles copropriétés, où il est difficile d’installer une borne», en raison de places de parking insuffisantes.» Sans compter qu’il faut l’accord de ladite copropriété pour décider de réserver une ou plusieurs places de stationnement dédiées à la recharge. 

Les entreprises sans prises

Ces bornes sont en fait, un complément. Plutôt axé sur la massification depuis 2015, leur déploiement s’effectuera, à l’avenir, au cas par cas. Pour déterminer leurs emplacements, «les aménageurs pourront par exemple suivre les taux d’utilisation des existantes, ou demander aux automobilistes de choisir la borne de recharge, ce qui existe déjà à Strasbourg.» Ce qui devrait rehausser un peu les statistiques d’utilisation.  

Plus inquiétant cependant : la recharge sur le lieu de travail est quasi inexistante. Seuls 10 % des sondés indiquent y recourir une fois par semaine. C’est peu.

Fin 2019, «Enedis avait comptabilisé 155.000 points de recharge dans les entreprises, 116.000 à domicile, pour 30.000 bornes publiques». A travers son programme Advenir, doté de 100 millions d’euros, l’Avere ambitionne d’installer 45.000 points de recharge, privés comme publics, entre 2020 et 2023.