Les pubs pour voitures roulent pour la mobilité durable

Le 29 juin 2020 par Stéphanie Senet
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Bientôt sur les écrans: une alerte sur les pubs de voitures, motos et scooters
Bientôt sur les écrans: une alerte sur les pubs de voitures, motos et scooters

Mis en consultation jusqu’au 17 juillet, un projet de décret précise l’obligation, pour les publicités de voitures, d’être accompagnées d’un message favorisant les mobilités actives, partagées et les transports en commun. Une disposition prévue par la loi d’orientation des mobilités (LOM).

Le tout-voiture cède un tout petit peu de terrain. Les publicités pour les véhicules thermiques auront l’obligation d’inclure un message faisant la promotion des mobilités actives (marche, vélo), partagées (covoiturage, auto-partage) ou les transports en commun, selon l’article 75 de la loi LOM. Ce qui devrait marquer les écrans, puisque les constructeurs automobiles sont les premiers annonceurs, avec les acteurs de la grande distribution. En 2015, le secteur concentrait 21% des investissements français.

Objectif: inciter au report modal vers des transports moins émetteurs de gaz à effet de serre et de polluants atmosphériques. Le projet de décret en consultation précise les choses, en définissant les «mobilités actives», les «mobilités partagées» et les «transports en commun», et en précisant le champ d’application de l’obligation. Soit toute publicité, sur tous supports, visant la vente et la location de longue durée d’un véhicule de tourisme, une moto ou un cyclomoteur. Cette obligation entrera en vigueur dès le lendemain de la publication du texte au Journal officiel.

Message à suivre

Un bémol: on ne connaît pas encore le message qui devra être diffusé, celui-ci faisant l’objet d’un arrêté à paraître. Mais le ton devrait correspondre au message visant le secteur de l’énergie (« l’énergie est notre avenir, économisons-la ») ou l’alimentation («Pour votre santé, mangez cinq fruits ou légumes par jour», «Pour votre santé, pratiquez une activité physique régulière»).

50.000 € d’amende

En cas de non-respect, le ministre des transports peut procéder à une mise en demeure. Et si celle-ci n’est pas respectée, il peut prononcer une amende allant jusqu’à 50.000 euros par diffusion (100.000 € en cas de récidive). En comparaison, l’achat de 30 secondes de diffusion sur une chaîne de télévision de grande écoute se facture entre 10.000 et 150.000 €.

Plus efficace, l’interdiction des publicités en faveur de l’automobile, en particulier des SUV, est défendue par plusieurs associations dont les Amis de la Terre. Une proposition partagée le 21 juin par la convention citoyenne pour le climat, qui veut «interdire de manière efficace et opérante la publicité des produits les plus émetteurs de gaz à effet de serre sur tous les supports publicitaires».