Les produits végétariens transformés sont pauvres en protéines selon la CLCV

Le 28 septembre 2020 par Stéphanie Senet
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Les galettes végétales affichent un meilleur bilan que les produits panés et les imitations de la viande
Les galettes végétales affichent un meilleur bilan que les produits panés et les imitations de la viande

Les plats préparés végétariens et vegan comportent peu de protéines végétales et affichent des additifs, selon une enquête publiée ce 28 septembre par l’association Consommation Logement Cadre de Vie (CLCV).

Voici une enquête qui devrait éclairer le choix des consommateurs et des gestionnaires de cantines en charge de concocter des menus végétariens hebdomadaires. Après avoir étudié la composition, le profil nutritionnel et l’origine des ingrédients végétaux de 95 produits végétariens et vegan[1], la CLCV est arrivée à des résultats surprenants.

Côté nutrition, les produits étudiés sont plutôt bons puisqu’ils affichent un Nutri-Score A ou B dans 83% des cas (60% de A et 23% de B) selon les calculs de l’association. Avec un carton jaune pour les produits panés, classés C ou D à 37%. L’affichage Nutri-Score n’étant présent que sur 18% des produits, et même 9% des produits vendus en magasin spécialisé bio, l’association demande aux fabricants et à la grande distribution de le déployer rapidement. 

39% d’ingrédients végétaux

Première surprise : plus de la moitié des produits sont surtout composés d’eau ! Les ingrédients d’origine végétale ne représentent en moyenne que 39% de la recette. Avec des différences selon le type de produits. Les galettes végétales obtiennent le meilleur résultat (53%), loin devant les produits panés (34%) et les imitations de la viande (30%).

Des additifs dans 8 produits sur 10

Pour le reste, ces produits sont composés de matières grasses, de sel, d’épices, et d’additifs. Des additifs présents en moyenne dans 8 produits sur 10 ! Ce sont les imitations de la viande qui en contiennent le plus (1,8 par produit), devant les produits panés (1,7) et les galettes végétales (1,1). La majorité des additifs sont des texturants (64%) devant des arômes (23%), des acidifiants et antioxydants (9%) et des colorants (3%).

«Nous encourageons les industriels et les distributeurs à augmenter les protéines végétales et à réduire au maximum l’utilisation d’additifs et d’arômes», commente la CLCV dans un communiqué.

Soja inconnu

Autre bémol: difficile de connaître l’origine des ingrédients. Un tiers des produits affichent une information sur leur provenance. Quant à l’origine du soja entrant dans la fabrication des produits, elle n’est connue que dans 40% des cas en moyenne, et se trouve en France dans 32% des cas, en Europe (6%) et en Asie ou Europe (2%). Là encore, les galettes végétales s’en tirent mieux avec 78% d’entre elles indiquant l’origine, contre 38% des imitations viande et 20% des produits panés.

Depuis le 1er avril 2020, et en application du règlement européen du 28 mai 2018, les fabricants sont pourtant tenus d’indiquer l’origine de l’ingrédient principal avec une mention géographique sur l’emballage.

Une facture salée

Côté prix, la facture est par ailleurs élevée. Affichant 14 euros par kilogramme, les galettes végétales sont les moins chères, avec un meilleur profil nutritionnel, moins d’additifs, davantage d’ingrédients végétaux et une plus grande part de composants d’origine française que les produits panés et imitant la viande (16€/kg chacun).

Pour y voir plus clair dans la composition et l’origine de ces produits, la CLCV demande la création d’un label officiel reconnu par l’Etat, au même titre que le label rouge ou la certification agriculture biologique.



[1] Vendus dans 16 enseignes entre début avril et fin juin