Les Philippins renvoient aux Canadiens leurs déchets non recyclables

Le 23 mai 2019 par Stéphanie Senet
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98 conteneurs de déchets illégaux ont été envoyés aux Philippines entre 2013 et 2014
98 conteneurs de déchets illégaux ont été envoyés aux Philippines entre 2013 et 2014

Menacé par le gouvernement philippin, Ottawa a mandaté une entreprise pour récupérer 98 conteneurs de déchets plastiques en mélange envoyés en 2013 et 2014.

La lourde tâche de récupérer les tonnes de déchets en décomposition revient à Bolloré Logistics Canada, selon le communiqué de presse du ministère de l’environnement et du climat d’Ottawa. Le gouvernement assure qu’ils seront enlevés d’ici fin juin, puis éliminés de façon sûre et écologique avant la fin de l’été 2019 sur le territoire canadien. Tous les coûts de l’opération seront pris en charge par le gouvernement.

Des déchets illégaux

Entre 2013 et 2014, l’entreprise canadienne Chronic Inc avait envoyé 98 conteneurs à deux importateurs philippins, en déclarant à tort qu’il s’agissait de déchets plastiques recyclables. Ceux-ci enfermaient en réalité des déchets en mélange de plastiques, métaux, papiers et ordures ménagères. Soient des déchets interdits à l’importation par Manille.

Négociation diplomatique

En 2016, un tribunal philippin avait condamné les importateurs à renvoyer les conteneurs au Canada à leurs frais. Une sanction qui n’avait pas été appliquée. C’est finalement une rencontre philippino-canadienne qui a permis, en mars, de débloquer la situation. Ottawa s’est en effet engagé à lancer un appel d’offres pour le rapatriement des déchets frauduleux.

Verrous juridiques

En 2016, le gouvernement canadien a modifié son règlement sur le transfert de déchets dangereux et de matières dangereuses recyclables, pour mettre fin à l’exportation de ce type de cargaison. A condition que l’interdiction soit respectée.

Par ailleurs, la convention de Bâle obligera bientôt tout exportateur de déchets plastiques contaminés ou en mélange à obtenir l’accord préalable de l’Etat destinataire avant envoi, y compris si l’Etat envoyeur n’a pas ratifié la convention, comme les Etats-Unis. Ce qui devrait limiter les transferts.