Les pétroliers européens en prise avec la voiture électrique

Le 26 janvier 2021 par Victor Miget
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Actuellement, Shell gère 1.000 bornes de recharge rapides et ultra-rapides installées dans 430 de ses stations-service.
Actuellement, Shell gère 1.000 bornes de recharge rapides et ultra-rapides installées dans 430 de ses stations-service.

Anticipant le développement du véhicule électrique, en Europe, les pétroliers investissent dans les infrastructures de recharge.

 

Sur le vieux contient, la fée électrique propulse de plus en plus nos voitures. La Commission européenne a durci sa stratégie concernant la réduction des gaz à effet de serre (GES). L’objectif vise à réduire d’au moins 55 % l’émission des GES d’ici 2030 par rapport à 1990, contre 40 % initialement. Autant dire que les véhicules thermiques ne seront bientôt plus les bienvenus sur nos routes. Et ça, les pétroliers l’ont bien compris. Shell, Total, BP… tous investissent dans la mobilité électrique, et plus particulièrement, dans l’infrastructure de recharge.

La percée de la coquille

En 2017, Shell avait ouvert le bal en rachetant NewMotion, une société propriétaire d’un réseau de plus de 100.000 points de recharge en Europe. A cette date, la marque à la coquille n’exploiteopérait que 30.000 points de recharge.

Le rythme s’accélère. Lundi 25 janvier, Shell a conclu un accord pour acquérir 100% d’Ubitricity. L’acquisition «devrait être finalisée dans le courant de l’année», assure l’énergéticien. Joli coup de filet : car l’opérateur gère le plus important réseau de recharge publique du Royaume-Uni avec plus de 2.700 points de recharge (soit 13% de part de marché). «L’entreprise se développe également sur le marché de la recharge publique en Allemagne et en France, et a installé plus de 1.500 points de recharge privés pour des clients de flottes professionnelles en Europe», précise Shell.

 «Cette acquisition marque l’expansion de Shell sur le marché en pleine croissance de la recharge électrique publique sur voirie et fournira des compétences clés pour permettre à Shell d’accroitre son réseau existant», se félicite l’entreprise. Actuellement le groupe anglo-néerlandais gère un millier de bornes de recharge rapides et ultra-rapides installées dans 430 de ses stations-service. Au total, elle contrôle l’accès à 185.000 points de recharge électrique de ses partenaires en Europe.

Objectif : leader

Total justement. Le géant français enchaîne lui aussi les gros coups. Dernier en date à Amsterdam, où le Français a remporté un appel d’offre émis par la métropole néerlandaise. Total devra installer et l’exploiter 20.000 nouveaux points de charge publics, qui s’ajouteront aux 4.500 qu’il détient déjà . «Ce nouveau contrat vise à répondre à la forte croissance de la demande en points de charge publics pour véhicules électriques (VE) aux Pays-Bas. Ce réseau de recharge couvre une population de 3,2 millions d’habitants et près de 15 % de la demande actuelle en matière de charge pour VE aux Pays-Bas», précise le pétrolier.

Le groupe président par Patrick Pouyanné se voit déjà en champion de la mobilité électrique en Europe. Objectif : 150.000 points de charge d’ici à 2025.

Pour se faire il multiplie les rachats. Dernier exemple en date : l’acquisition des 1.600 points de recharge du réseau Source London, exploités par Bolloré,  et va reprendre la gestion des points de charge parisiens. Actuellement, dans l’hexagone il opère plus de 10.000 points de charge sur les quelques 30.000 existants. A court terme, L’énergéticien envisage de déployer 1.000 points de charges rapides (175 kW) sur l’axe France-Allemagne et Benelux.

En septembre 2018, c’est l’entreprise tricolore G2Mobility qui entrait dans le giron de Total. Cette société a déjà installé 10.000 bornes dans des entreprises, collectivités, etc.

Challenger

Plus discret, BP est aussi fasciné par l’électrique. En 2018, il jetait son dévolu sur Chargemaster à la tête,d’un réseau de près de 6.500 points de recharge outre-manche. La même année, le groupe britannique mettait la main sur Polar, autre opérateur de recharge majeur du pays (6.500 points de recharge). Les deux entités seront prochainement fusionnées sous la marque «bp pulse». 

Pour l’heure, les ambitions du pétrolier semblent se concentrer sur le Royaume-Uni ou il s’est fixé pour objectif de devenir le plus grand opérateur de recharge publique ultra-rapide: 700 chargeurs ultra-rapides disponibles d'ici à 2025. Reste à savoir quand BP décidera de franchir la Manche pour batailler avec ses concurrents. Au total, l’entreprise ambitionne d’opérer 70.000 bornes en 2030, dans le monde.