Les petits arrangements de l’Etat avec la qualité des eaux de baignade

Le 31 août 2020 par Stéphanie Senet
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Plage officiellement fermée pour cause de pluie
Plage officiellement fermée pour cause de pluie

Eau et rivières de Bretagne a annoncé, le 28 août, avoir déposé une plainte, à Bruxelles, contre l’Etat français, pour contournement de la directive européenne sur la qualité des eaux de baignade.

L’ONG bretonne a levé le voile sur la façon dont l’Etat contourne la directive européenne sur la qualité des eaux de baignade pour éviter de publier régulièrement la qualité microbiologique des eaux de baignade. «L’astuce pour l’Etat consiste à considérer la pluie comme un facteur de pollution à court terme, ce qui lui permet de fermer artificiellement des plages sans chercher la cause de ces pollutions bactériologiques», explique-t-elle dans un communiqué. Le grand public, qui n’a pas le droit d’en savoir plus sur l’origine de la pollution, doit se contenter d’un affichage sommaire : «ruissellement de la pluie sur le bassin versant». «Il ne pleut pas des bactéries en pays d’Iroise», remarque l’association.

Fermer une plage ne règle pas le problème

Ce déni occasionne surtout des risques pour l’environnement. En se cachant les yeux, «l’Etat évite de mettre en œuvre une politique de prévention des pollutions et augmente artificiellement la qualité des eaux de baignade», déplore Eau et rivières de Bretagne.

Une pratique qui a de surcroît tendance à augmenter. La plage de Penfoul, à Landunvez (Finistère), a ainsi été interdite au public pendant 36% de la période estivale entre 2015 et 2017.

L’association pour la promotion et la protection de la Côte des Légendes (APPCL) et Avenir et environnement pour le Pays d’Iroise se sont associés à l’ONG pour porter plainte.