Les Pays-de-la-Loire lancent leur Giec

Le 03 novembre 2020 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Comment la Loire réagira-t-elle au réchauffement ?
Comment la Loire réagira-t-elle au réchauffement ?
Comité 21

L’exécutif ligérien commande un audit climatique à un groupe de scientifiques. De quoi animer une prochaine COP régionale.

Difficile de sensibiliser les acteurs de la société civile aux questions climatiques avec des données planétaires. C’est en partant de ce postulat que le président du conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, Alain Rousset, avait confié au climatologue Hervé Le Treut le soin de coordonner la rédaction d’une étude scientifique sur l’évolution du climat dans la plus grande région de France. Un exemple que compte suivre les Pays-de-la-Loire.

Sa présidente, Christelle Morançais, vient de commander au Comité 21 la production d’un rapport scientifique sur l’évolution du climat régional et d’une note pour les décideurs. «Les régions sont cheffes de file de la politique climatique territoire, mais ne disposent d’aucune données produites à leur échelle», explique Antoine Charlot. En s’inspirant des travaux des Aquitains d’Acclimaterra et des Québécois d’Ouranos, le Comité 21 a constitué un mini-Giec régional.

préparer les politiques publiques

Présidé par la prospectiviste Virginie Raisson, ce groupe d’une vingtaine de chercheurs réunit des représentants des sciences dures et humaines. «Notre ambition est de fournir des données locales qui puissent servir à l’élaboration de politiques publiques, à identifier les vulnérabilités socio-économiques et environnementales et à sensibiliser les acteurs du territoire», indique le directeur de l’établissement Grand Ouest du Comité 21.

Ce dernier pan de la mission n’est pas le moindre. Aussi, la région prévoit-elle de présenter les résultats du Giec ligériens, durant l’automne 2021, à l’occasion d’une COP régionale où certains acteurs pourraient prendre quelques engagements.

En attendant, les travaux porteront principalement sur l’agriculture, la sylviculture et la viticulture (Muscadet oblige !), mais aussi sur la  biodiversité, le cycle de l’eau, l’urbanisme, les réseaux et infrastructures, la mer et le littoral, la  santé et social, les entreprises et les assurances.

oeuvrer en commun

Devant servir de socle à la politique climatique de la prochaine mandature, ces travaux pourront faciliter la coordination des actions avec les régions voisines. «Nous avons identifié des territoires, dispersés sur plusieurs régions, qui présentent une certaine homogénéité en termes de vulnérabilités aux effets du changements climatiques: le littoral Nord-Loire, le littoral Sud-Loire, l’arrière-pays breton et vendéen, la Vallée de la Loire et la Beauce», justifie Antoine Charlot.

Reste à savoir si les futurs exécutifs de Bretagne, du Centre-Val-de-Loire et de Nouvelle-Aquitaine oseront jouer collectif? Le hasard faisant bien les choses, ces trois régions ont déjà réalisé un audit climatique ou initié des COP régionales. Le courant n'en devrait passer que plus facilement.