Les nanoplastiques freinent la croissance végétale

Le 29 juin 2020 par Romain Loury
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Un impact aussi sur le le mode végétal
Un impact aussi sur le le mode végétal
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Omniprésents dans l’environnement, les nanoplastiques parviennent à pénétrer dans les racines des plantes, ralentissant fortement leur croissance, révèle une étude chinoise publiée dans Nature Nanotechnology. Ce qui pourrait avoir des conséquences néfastes d’un point de vue environnemental, mais aussi agricole.

Issus de la dégradation du plastique, les micro- et nanoplastiques (respectivement d’une taille de l’ordre du millième ou du millionième de millimètre) sont présents partout. Du fait de leur petite taille, ils s’immiscent dans l’ensemble de la chaîne alimentaire. A ce jour, ce sont principalement les milieux aquatiques qui ont été étudiés.

Or les milieux terrestres pourraient aussi être très affectés, révèle l’étude publiée par Xiao-Dong Sun, de l’université du Shandong (Tsingtao), et ses collègues dans Nature Nanotechnology. Les chercheurs montrent que les nanoparticules inhibent fortement la croissance des plantes, ce qui aurait d’importantes conséquences écologiques et agricoles.

Pour montrer cela, l’équipe a cultivé des plants d’arabette des dames (Arabidopsis thaliana, espèce vedette des laboratoires de biologie végétale) sur un milieu imprégné de deux types de nanoplastique, les uns chargés positivement, les autres négativement.

Une croissance diminuée de moitié

Leurs résultats montrent que la masse végétale d’une arabette cultivée en présence de nanoplastiques est de 40% à 50% inférieure  à celle d’une plante en milieu contrôle, dénué de ces particules. Les particules pénètrent dans les racines, y engendrant un stress oxydatif délétère à leur croissance, ce qui freinerait le développement de la plante.

A noter que les doses utilisées, entre 0,3 et 1 gramme de particules par kg de milieu, sont environ 10 fois plus élevées que celles retrouvées en milieu naturel: lors d’une étude suisse, la teneur de microplastiques dans les sols atteignait au maximum 0,055 g/kg de sol, en grande partie sous forme de polystyrène. Dans une zone industrielle proche de Sydney (Australie), elle atteignait en revanche entre 0,3 et 67,5 g/kg de sol.

Selon les chercheurs, «l’accumulation de nanoplastiques dans les plantes peut avoir non seulement des effets écologiques, mais aussi de fortes implications sur l’agriculture et la sécurité alimentaire (…) Les plantes terrestres constituent la base de nombreuses chaînes alimentaires. Les conséquences pourraient donc s’étendre à d’autres niveaux trophiques».